Le guerrier pacifique

ou le combat contre l’oubli de Soi

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Quels sont vos gros cailloux?

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Un jour, un vieux professeur de l’École nationale d’administration publique (ENAP) fut engagé pour donner une formation sur la planification efficace de son temps à un groupe d’une quinzaine de dirigeants de grosses compagnies nord-américaines. Ce cours constituait l’un des cinq ateliers de leur journée de formation. Le vieux prof. n’avait donc qu’une heure pour “passer sa matière”. Debout, devant ce groupe d’élite (qui était prêt à noter tout ce que l’expert allait enseigner), le vieux prof les regarda un par un, lentement, puis leur dit :

« Nous allons réaliser une expérience ».

De dessous la table qui le séparait de ses élèves, le vieux prof sortit un immense pot Mason d’un gallon (pot de verre de plus de 4 litres) qu’il posa délicatement en face de lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça délicatement, un par un, dans le grand pot. Lorsque le pot fut rempli jusqu’au bord et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou de plus, il leva lentement les yeux vers ses élèves et leur demanda :

« Est-ce que ce pot est plein ? ».

Tous répondirent : « Oui ».

Il attendit quelques secondes et ajouta : « Vraiment ? ».

Alors, il se pencha de nouveau et sortit de sous la table un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il versa ce gravier sur les gros cailloux puis brassa légèrement le pot. Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond du pot.

Le vieux prof leva à nouveau les yeux vers son auditoire et redemanda « Est-ce que ce pot est plein ? »

Cette fois, ses brillants élèves commençaient à comprendre son manège. L’un d’eux répondit :

« Probablement pas ! ».

« Bien ! » répondit le vieux prof

Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit de sous la table une casserole de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir les espaces entre les gros cailloux et le gravier. Encore une fois, il demanda : « Est-ce que ce pot est plein ? ». Cette fois, sans hésiter et en chœur, les brillants élèves répondirent « Non ! » .

« Bien ! » répondit le vieux prof

Et comme s’y attendaient ses prestigieux élèves, il prit le pichet d’eau qui était sur la table et remplit le pot jusqu’à ras bord. Le vieux prof leva alors les yeux vers son groupe et demanda : « Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ? »

Pas fou, le plus audacieux des élèves, songeant au sujet de ce cours, répondit :

« Cela démontre que même lorsque l’on croit que notre agenda est complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire ».

« Non » répondit le vieux prof « Ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous, ensuite ».

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience, de l’évidence de ces propos.

Le vieux prof leur dit alors

« Quels sont les gros cailloux dans votre vie ? Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Relaxer ? Prendre le temps … ? Ou… toute autre chose ? Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses GROS CAILLOUX en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie. Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-même la question :

“Quels sont les GROS CAILLOUX dans ma vie ?”

« Ensuite, mettez-les en premier dans votre pot (votre vie). »

D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.

(Histoire trouvée sur le site Buddha line – http://www.buddhaline.net/spip.php?article324)

Ah bon?

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Voici une histoire que j’aime beaucoup, trouvée sur le site “Gnothi Seauton”.  C’est un véritable challenge de la mettre en pratique chaque jour!

Le maître zen, Hakuin, vivait dans une ville du Japon. On le tenait en haute estime et bien des gens venait l’écouter dispenser ses enseignements spirituels. Un jour, la fille adolescente de son voisin tomba enceinte. Les parents de cette dernière se mirent en colère et la réprimandèrent pour connaître l’identité du père. La jeune fille leur avoua finalement qu’il s’agissait du Maître Hakuin.

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28 septembre au 4 octobre 2009 : La vieille commode poussiéreuse

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J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombrés de bilans,

De vers, de billets doux, de procès, de romances,

Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,

Cache moins de secrets que mon triste cerveau.

C’est une pyramide, un immense caveau,

Qui contient plus de morts que la fosse commune.

- Je suis un cimetière abhorré de la lune,

Où, comme des remords, se traînent de longs vers

Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.

Je suis un vieux boudoirs plein de roses fanées,

Où gît tout un fouillis de modes surannées,

Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,

Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.

Charles Baudelaire ( Spleen)

Quand je suis tombée sur ce poème,  j’ai été frappée de la précision involontaire avec laquelle il décrit notre mental encombré, poussiéreux et attaché à tout ce qui n’est plus, coupé de la joie, de la fraîcheur et de l’émerveillement de chaque instant présent.

Même si cela fait peur, soyons conscient que la plupart de nos pensées, paroles et actes sont tirées de ce vieux meuble rempli de cochonneries d’un autre âge.

Nous RE-agissons, la plupart du temps. C’est-à-dire que  nous choisissons d’agir  non en fonction de ce qui est là, dans l’instant, mais d’agir à nouveau à partir de ce que nous allons sortir de  nos tiroirs : souvenirs, peurs, croyances, opinions que nous avons soigneusement conservées de nos expériences passées.

Le défi cette semaine et au-delà consiste à mettre tout cela sur le trottoir aux encombrants, et d’AGIR à partir de notre ÊTRE même, au-delà du mental, de ce qu’on peut aussi appeler notre ressenti, l’Amour, ou Dieu.

L’enfant qui aimait le sucre

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On raconte qu’un jour, en Inde, une femme vient à l’ashram de Gandhi, accompagnée de son fils d’une dizaine d’années, et demande à le rencontrer, car elle a entendu parler de sa sagesse.

Quand elle est amenée devant lui, elle se jette à ses pieds et lui dit :

“Maître, mon  fils est atteint de diabète et il est donc très néfaste pour lui de manger du sucre. Or ce satané gamin en raffole et ne manque pas une occasion d’en manger dès que j’ai le dos tourné. Je suis inquiète pour sa santé mais il ne veut pas m’écouter.  Je vous en supplie, parlez à mon fils pour lui faire entendre raison!”

Gandhi l’écoute avec un grand sérieux et lui demande de revenir dans un mois.

Un peu surprise, la mère s’exécute et va trouver non loin de là un lieu pour l’héberger, elle et son fils. Puis elle se trouve un petit travail pour payer ce logement.

Au bout d’un mois, elle retourne voir Gandhi avec son fils et lui explique à nouveau la situation. Alors le vieil homme se tourne vers l’enfant et lui dit : “Mon fils, je te demande de ne plus manger du sucre, ce n’est pas bon pour ta santé et cela donne beaucoup de soucis à ta mère”.

La femme est stupéfaite et s’exclame : “Comment? Vous m’avez fait attendre un mois pour dire à mon fils ce que je lui répète chaque jour?! Et pourquoi ne pas le lui avoir dit le premier jour? Quel sorte  de sage êtes-vous donc?”

Et Gandhi de lui répondre : “Voyez-vous, madame, j’aime beaucoup le sucre, et je ne pouvais  pas demander à cet enfant de cesser de faire ce dont j’étais moi-même incapable. Il m’a donc fallu un bon mois pour me détacher totalement du sucre afin de pouvoir demander à votre fils de faire la même chose.”


L’histoire ne dit pas si l’attitude de Gandhi a décidé l’enfant à renoncer, mais j’aime  beaucoup cette histoire parce qu’elle me remet à ma place chaque fois que j’exige ou j’attend d’autrui ce que je ne suis moi-même pas capable ou prête à  accomplir.

3 au 9 août 2009 : La seule certitude

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Nous faisons toujours toutes sortes de projets, et nous investissons du temps et de l’argent pour qu’ils soient bien préparés et aboutissent comme nous le désirons : pour nos vacances, notre profession, notre famille, notre retraite, etc…

Pourtant toutes ces choses sont incertaines, nos vacances peuvent être annulées, nous pouvons être licenciés, perdre notre famille ou n’avoir pas assez de points de retraite…

En réalité, dans notre vie, il n’y a QU’UNE SEULE CHOSE dont nous pouvons être certain: nous allons mourir.

Ou, plus précisemment, demain, dans un mois, dans dix ou plus notre âme choisira de quitter ce corps pour aller vers d’autres horizons.

Pourtant, que faisons nous pour préparer ce départ, concrètement?

Nous vivons comme si nous étions éternels, comme si nous avions tout le temps pour nous préparer, mettre de l’ordre dans nos affaires, prévoir le financement de nos obsèques, pardonner ou demander pardon, dire je t’aime à ceux qu’on aime, réaliser nos rêves, exprimer ce que  nous ressentons réellement ou décider d’être heureux.

Notre société moderne à peur de la mort, c’est un sujet tabou qu’il ne faut pas aborder, pourtant vivre avec le rappel de la mort n’est pas forcément morbide et effrayant, mais peut au contraire éclairer nos journées et raviver notre énergie.

Cette semaine, si vous rencontrez un problème, un souci, si quelqu’un vous met en colère, si vous perdez quelque chose, ou quoique ce soit que vous jugez négatif, imaginez qu’il ne vous reste que quelques heures, quelques jours à vivre. Vous verrez aussitôt que ce qui vous troublait ou vous énervait tant n’est pas si grave, si énervant que ça…

Cette semaine, si votre enfant, votre ami ou votre conjoint fait quelque chose qui vous met en colère, imaginez qu’il meure, et vous verrez que vous ressentirez aussitôt de l’amour et de la compassion, que vous aurez envie de leur pardonner tout de suite, et que leur offense semblera bien futile…

Cette semaine, si vous désirer ardemment obtenir telle ou telle chose, si vous avez peur de vous séparer de telle ou telle chose, imaginez que vous êtes mort et que c’est votre famille qui doit gérer ce que vous avez laissé. Vous verrez alors qu’il y a beaucoup de vos possessions qui ne sont pas vraiment nécessaires…

Le rappel de la mort donne sa juste mesure à la vie, la mort peut nous aider à m ieux vivre,  à voir le trésor de chaque instant.

Je rends ici hommage à mon père dont l’âme a choisi de quitter ce monde le 27 juillet 2009.

Le serpent venimeux

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Ramana Maharshi, un Maître éveillé hindou mort en  1950, avait l’habitude de méditer dehors, sous les arbres, parfois avec ses disciples.

Un jour qu’il méditait ainsi en groupe, un  serpent venimeux est sorti du fourré près duquel était assis Ramana, en position de méditation.

Horrifiés, les disciples virent le serpent glisser vers leur Maître, escalader sa cuisse, et repartir de l’autre côté pour disparaître dans un buisson. Pas un instant, Ramana ne broncha.

Une fois le serpent parti, les disciples, revenu du choc, demandèrent à Ramana :

“Maître! Qu’avez-vous ressenti lorsque le serpent a glissé sur vous?”

Et Ramana de répondre :

“Une agréable sensation de fraîcheur”.

J’aime beaucoup cette histoire qui m’a été racontée par un instructeur hindou, (et que je retranscris de mémoire) parce que je suis émerveillée par l’attitude du Maître qui est totalement et absolument dans la Réalité, hors de tout filtre mental.

Les disciples, comme la plupart d’entre nous, n’ont pas vu le serpent, mais l’image mentale de cet animal associée avec des pensées de venin, de danger, de morsure mortelle, etc… et cela a provoqué en eux des émotions de peur et d’angoisse.

L’être éveillé, lui, n’a rien projeté, imaginé, supposé…

Il a simplement été le témoin de ce qui se passait et c’est ce qu’il a décrit : l’impression de fraîcheur qu’on ressent lorsqu’on touche un animal à sang froid comme un serpent.

Et en conséquence, il est resté dans une paix absolue, qui a sans doute été ressentie par l’animal.

C’est un exemple de ce qu’est la véritable méditation : une attitude intérieure d’observation aigüe et détachée de ce qui est, qu’on peut développer en position immobile du lotus pendant un certain temps, mais qui en réalité est un état d’être qui peut se prolonger dans la vie quotidienne.

Ce que les hindous appellent “l’état naturel”.

Vider notre tasse

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Un jour, un professeur d’université se rendit dans les hautes montagnes du Japon pour parler à un moine zen renommé.

Lorsqu’il le trouva, il se présenta, énonça ses diplômes et demanda à être instruit sur le zen.

“Vous voulez un peu de thé?” demanda le moine.

” Oui, volontiers”, répondit le professeur.

Le vieux moine commença à remplir la tasse jusqu’au bord, puis continua de verser. Le thé déborda sur la table, puis coula par terre.

“Arrétez!” cria le professeur, “ne voyez-vous pas que la tasse est déjà pleine? Elle ne peut rien contenir de plus!”

Le moine répliqua : “Comme cette tasse, vous êtes déjà plein de connaissances et d’idées préconçues. Pour pouvoir apprendre, commencez par vider votre tasse”.

Cette version d’une histoire zen traditionnelle est tirée de l’ouvrage  “Le Guerrier Pacifique” (Voir “Manuels de combat”, sur ce blog)

Pousser le rocher

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Un jour, un homme fortuné, plein de gratitude pour sa richesse, demande à Dieu :

“Comment un homme comme moi, qui possède tout ce qu’il désire, peut montrer sa reconnaissance?”

Dieu lui répond : “Tu as vu ce gros rocher devant chez toi? Et bien pousse-le.”

L’homme est tout excité. Il a enfin un objectif, quelque chose à faire! Alors il se met à pousser le rocher.

Le premier jour, il pousse le rocher pendant des heures et des heures, mais le rocher ne bouge pas.

Le deuxième jour, c’est la même chose, il pousse et il pousse, mais le rocher ne bronche pas.

Le troisième jour, le rocher ne bouge toujours pas, alors l’homme décide de s’octroyer une pause.

Le jour suivant, l’homme pousse pendant une heure, puis se repose le reste de la journée.

Le lendemain, l’homme regarde le rocher et s’exclame : “Laisse tomber!”

Et puis il oublie complètement le rocher et se dit qu’il a fait tout ce qu’il pouvait.

A l’heure de sa mort, le voilà qui se retrouve devant Dieu.

Dieu lui dit : “Qu’as-tu fais? Ne t’avais-je pas demandé de pousser le rocher?”

L’homme lui rétorque : “J’ai essayé, Seigneur, mais je n’ai pas réussi à le bouger, alors j’ai abandonné.”

Alors Dieu lui répond : “Je t’ai demandé de pousser le rocher. Je ne t’ai pas demandé de la bouger.”

C’est ce qui se passe dans beaucoup de domaines de notre vie.

Nous ne réalisons pas que la part la plus importante de ce que nous faisons est l’effort – le processus. C’est cela le travail spirituel. Parfois, cela peut être très frustrant car nous n’avons pas l’impression de changer, d’évoluer.

Le secret, c’est de se concentrer sur le processus, sur l’instant, pas sur les résultats.

(d’après une histoire de Yehuda Berg, sur Kabbalah.com)

Le jeûne (mise à jour 29 mai 2009)

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Qu’est-ce que le jeûne?

Si la simple évocation du mot “jeûne” vous met mal à l’aise, c’est que vous n’avez pas encore fait l’expérience intérieure de ses bienfaits, même s’il vous est déjà arriver de jeûner. Le but de cet article est de vous parler du jeûne, source de bien-être, de joie et de liberté, et de peut-être, vous donner envie d’en faire l’expérience.

Définition : Le jeune est l’abstention volontaire de nourriture, pour des raisons d’hygiène personnelle, médicales, politiques ou spirituelles.

Mais on peut parler aussi de jeûne hydrique, de jeûne de raisin, de jeûne de chair animale, etc… Ici, c’est l’abstention d’un certain type d’aliments.

Pourquoi jeûner?

Le jeûne est un formidable outil spirituel pour celui qui veut se connaître mieux et gagner en liberté intérieure.

Comme toute pratique spirituelle, le jeûne ne doit jamais être une obligation, mais une occasion.

Une opportunité pour s’observer intérieurement, apprivoiser et apaiser  le mental,  se libérer de certains attachements et se connaître et s’apprécier mieux, en allant au-delà de nos limites habituelles.

Le secret d’un jeûne qui amène à la “joie de l’âme”, c’est l’intention et la conscience avec laquelle vous jeûnez.

Si vous jeûnez pour obtenir quelque chose de concret : perte de poids, guérison, victoire sur soi-même, vous  vivrez des expériences et résultats intérieurs sensiblement différents que si vous jeûnez pour trancher des attachements et aller vers plus de liberté intérieure.

On reconnaît une spiritualité authentique dans le fait qu’elle enseigne le détachement. Car c’est l’attachement aux choses impermanentes et illusoires de ce monde qui nous voile la Vérité Ultime et empêche notre conscience de s’ouvrir.

Attention! Je parle d’attachement et non d’appréciation.

Il ne s’agit pas de rejeter les “plaisirs du monde” comme des choses mauvaises, comme des péchés, mais de les voir pour ce qu’ils sont: le plaisir de  nos papilles gustatives, de ce corps que nous ne sommes pas.

L’attachement aux plaisirs du corps renforce la fausse identification. Mais pas l’appréciation ou la préférence.

Jouissez de tout, ne vous attachez à rien enseignent les Sages.

D’ailleurs, lorsque notre conscience est en éveil, que nous sommes vigilants, avec un mental calme, toutes les sensations du corps sont plus claires et vives, et participent à notre béatitude.

Les effets du jeûne

Lorsqu’il est fait avec conscience, le jeûne a des effets bénéfiques physiques, psychologiques et spirituels.

Physique :

Le jeûne repose le corps, qui utilise beaucoup d’énergie pour la digestion, l’assimilation et l’élimination des aliments. C’est pourquoi les animaux et les jeunes enfants jeûnent spontanément lorsqu’ils sont malades, laissant ainsi au corps toute son énergie pour combattre la maladie.

Le jeûne purifie  le corps, le régénère, le revitalise, car il provoque des éliminations importantes dans le corps, l’aidant à se débarrasser d’impuretés incrustées qui ne peuvent être atteintes lorsque le corps est nourri 3 à 5 fois par jour. Cette purification physique est plus ou moins profonde en fonction du type et de la durée du jeûne.

Enfin, le jeûne régénère le corps, car les éliminations laissent la place au renouvellement des cellules, à la circulation de l’énergie du corps, qui, allégé, nettoyé, fonctionne mieux. Un corps trop nourri, et trop souvent, devient vite comme un moteur encrassé.

Psychologiques :

Se priver de nourriture, donc d’éléments porteurs de vie pour nos cellules, va réveiller ou exacerber toutes sortes de peurs en nous.

En effet, dans nos sociétés capitalistes, nous sommes conditionnés depuis la tendre enfance à manger plusieurs fois par jour et de manière relativement copieuse. Nous oublions que le corps humain peut rester plus de 30 jours  sans nourriture, et cela sans dommages.

Inconsciemment, pour notre mental, ne plus manger, c’est risquer de mourir. C’est être en manque d’énergie, c’est risquer de tomber “en panne”, de ne plus avoir de force.

Si c’est le cas, le jeûne nous le montrera très vite : on va se sentir faible, à peine capable de bouger, on n’osera pas quitter son lit ou son fauteuil, on n’aura l’impression que nos jambes ne nous portent plus.

Et pourtant, tout cela est faux! C’est notre mental, nos peurs, qui créent ces symptômes! Parce qu’une fois ces peurs dépassées, l’habitude et la confiance dans le jeûne bien installées, non seulement ces faiblesses disparaissent, mais elles sont remplacées par un regain d’énergie.

Je me revois encore, toute surprise, en train d’élaguer les arbres de mon jardin pendant trois heures, en plein jeûne, ou bien voir mon corps recevoir un sursaut d’énergie après 45 minutes de course et dépasser tous mes camarades joggeurs, alors que je n’avais rien mangé depuis la veille, à un repas par jour depuis 3 semaines!

Le jeûne va déclencher aussi des frustrations, des réactions d’humeur, comme la colère, car ces émotions viennent  de ne pas pouvoir avoir ce que l’on veut. On va se sentir énervé, agacé par un rien. Si l’on jeûne en pleine conscience, ces réactions sont très intéressantes à observer et riches en enseignements. Elles sont la manifestation de l’ego qui veut tout, tout de suite, pour lui tout seul.

C”est la façon la plus efficace de s’en débarrasser : de ne pas se laisser absorber par elles, mais au contraire, de voir qu’elles sont déclenchées par le jeûne, par le corps qui a pris l’habitude de faire ce qu’il veut. En général, ces manifestations ne durent pas trop longtemps et apparaissent souvent le matin, quand on ne peut pas prendre son petit café…C’est là qu’on s’aperçoit du poids de l’habitude, de notre conditionnement alimentaire.

Le plus dur, dans les vrais jeûnes longs (les différents jeûnes seront détaillés plus loin) ce sont les envies, les rêves alimentaires qui surviennent en général au début du jeûne, parfois les tout derniers jours. Ils sont un signe très sûrs de nos peurs intérieures.

Spirituels :

Le jeûne, par tout ce qu’il déclenche en nous, sur de nombreux plans, est un formidable outil de connaissance de soi, du fonctionnement de notre mental et des émotions qui lui sont liées.

Plus nous nous connaissons nous-mêmes, plus nous pouvons prendre du recul par rapport à cette personnalité, et donc nous en dés-identifier, et commencer par ressentir notre véritable Nature, cette Conscience Témoin qui regarde le spectacle de notre vie.

Quand j’ai commencé à comprendre ma mauvaise humeur du matin des jours de jeûne, c’est devenu très drôle à observer et très libérateur aussi, de voir comment le simple fait d’en prendre conscience m’en a rapidement libérée.

Le jeûne révèle nos attachements, liés à la peur du manque, à la peur de mourir. Or, c’est la peur qui nous enchaîne aux illusions du monde, c’est la peur qui nous fait tourner le dos à l’amour.

Le jeûne révèle comment nous avons de la difficulté à ressentir de la joie, du bien-être, de la force, de la foi, quand notre estomac n’est pas bien rempli, quand il nous manque des choses matérielles. Par cette prise de conscience, nous réalisons la fragilité et la fausseté de nos sentiments de force et de joie, car s’ils étaient vrais, ils ne seraient pas liés à quelque chose de matériel, d’impermanent.

C’est ainsi que le jeûne nous pousse à rechercher en nous ce bien-être, cette force, cette joie, même l’estomac vide! C’est là qu’on s’aperçoit que notre sentiment de sécurité, de bien-être est trop lié à des choses extérieures à nous-mêmes.

Le jeûne nous guide à nous “nourrir” autrement : méditer, lire, chanter, écouter de la musique, dessiner, créer, se promener dans la nature, donner de son temps pour les autres ou quoique ce soit qui nous fasse du bien.

Vous verrez qu’avec la pratique, même si l’heure de la fin du jeûne approche, vous n’aurez pas envie de vous arrêtez de faire ce que vous êtes en train de faire, tellement votre esprit est clair, votre mental paisible et votre corps plein d’énergie!

Méditer, prier, lire des textes spirituels, tout cela prend plus de sens et de force lorsque notre corps n’est pas occupé à digérer et notre mental à penser à ce qu’il va manger.

C’est pourquoi le jeûne apaise le mental, encourage le lâcher-prise. Mais pas tout de suite…

Car au début, le mental se rebiffe, se rebelle, plus que le corps, même! C’est là qu’on s’aperçoit qu’on mange trop souvent sans faim, par habitude, par occupation, par réconfort ou récompense.

Au début, on passe son temps à surveiller sa montre ou le calendrier (selon le type de jeûne) on s’imagine ce qu’on va manger à la fin du jeûne, on préfère s’isoler au moment du repas familial, on repousse les invitations des amis, on évite de regarder les vitrines des magasins, bref, on est en combat avec le mental, car c’est lui qui a peur.

Mais si on a su bien préparer son jeûne, avec douceur, conscience, patience, compréhension, petit à petit, le mental va se mettre en confiance, et s’apaiser. Et plus il sera tranquille, apprivoisé, soumis, plus le jeûne sera agréable, et moins le mental aura peur pour les jeûnes suivant. Ses obsessions cesseront.

Cependant, il faut être honnête avec son corps et son mental. Je me souviens qu’un fois j’avais décidé de faire 3 jours de jeûne total (jour et nuit) et comme ça se passait très bien, je me sentais  en forme, l’esprit tranquille, j’ai décidé le troisième jour de pousser deux jours de plus pour faire 5 jours. Et bien mon corps n’a pas apprécié du tout! J’ai commencé à avoir des malaises, divers symptômes désagréables, comme si le corps s’était dit : OK. Pas de nourriture pendant 3 jours. Je peux faire ça. Mais tu as dit trois jours, hein, c’est trois jours, après, il me faut de la matière organique!”

Le jeûne nous fait aussi découvrir en nous des possibilités qu’on n’imaginait pas. On s’aperçoit alors vraiment comment c’est l’esprit qui influe sur le corps, et non l’inverse. On s’aperçoit que finalement, on n’a pas besoin de toute cette nourriture pour être heureux, plein d’énergie, et l’esprit clair. On découvre en nous une liberté insoupçonnée, et cela devient un vrai plaisir que de n’être plus dépendant de nos désirs.

Et c’est alors qu’on peut même faire la cuisine pour sa famille  en jeûnant, qu’on peut même aller au restaurant avec ses amis, et se sentir joyeux et libre! On découvre les mensonges du mental qui nous fait croire que si on n’a rien mangé à midi, on va s’évanouir.

On se rappelle alors qu’il y a des millions d’êtres humains sur la terre qui ne prennent qu’un repas par jour, et qui vivent souvent dans des conditions difficiles. Et l’on se sent plus proche d’eux quand on jeûne.

On se sent plein de gratitude de savoir que nous avons la grâce de pouvoir trouver de la nourriture aussitôt à la fin de notre jeûne, ce qui n’est pas le cas de beaucoup d’êtres humains sur terre, en jeûne “forcé”.

Cette nourriture si abondante, qu’on peut trouver partout, on se met à la regarder d’un autre œil, avec plus de respect et de gratitude. Notre conscience s’est aiguisée, notre cœur s’est ouvert.

Et les premières bouchées après un jeûne, si elles sont  prises dans la paix et la conscience, sont absolument divines.! Car nos sens sont totalement en alerte, vivants, ouverts, et nous pouvons même ressentir, avec la pratique, l’énergie de l’aliment qui se diffuse dans le corps.

Les différents types de jeûnes

Le jeûne strict

C’est l’abstention de nourriture et de boisson pendant un certain nombre de jours ET de nuits. C’est-à-dire qu’on n’absorbe aucune nourriture ni boisson pendant 24 heures, 48 heures, etc…

Par exemple, dans  la Bible, lorsque Moïse alla sur le mont Sinaï pour recevoir de Dieu les Tables de pierre où étaient inscrits les dix commandement, il est dit que :

“Moïse fut là avec l’Eternel quarante jours et quarante nuits. Il ne mangea point de pain et ne but point d’eau.” (Exode 34 :28)

Ce jeûne tient du miracle, car scientifiquement, un être humain ne peut survivre sans eau que 3 à 4 jours, avec des symptômes très pénible. (Langue qui gonfle, par exemple) A ne pas tenter, donc…

Par contre, un être humain peut vivre 40 jours sans nourriture et sans dommages physiques, à condition bien sûr de s’être bien préparé et de le vivre dans de bonnes conditions matérielles, psychologiques voire spirituelles.

Il est vivement recommandé, si ce type de jeûne vous intéresse, de ne pas le faire seul, et de vous adresser à des professionnels sérieux du jeûne.

Par contre, il n’est pas trop difficile de pratiquer ce jeûne strict pour 3 jours par exemple, voire cinq. Cependant, si vous voulez que ce jeûne se passe le mieux possible, il est important de préparer le corps à l’avance et de prévoir les meilleures conditions possibles. Nous y reviendrons dans les “Conseils pour bien jeûner”.

Ce type de jeûne consiste donc à ne rien manger mais à boire a volonté de l’eau tout au long de la période. C’est sans doute celui qu’a pratiqué Jésus :

“Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, Il [ Jésus ] eut faim.” (Évangile de Mathieu, 4 : 2)

Le jeûne de 24 heures

De nombreuses religions encouragent leurs fidèles à pratiquer un jeûne de quarante jour. Par exemple, les Chrétiens au moment du Carême ou les musulmans avec le  Ramadan.

Il ne faut pas confondre ce jeûne avec le jeûne strict.

Il s’agit de pratiquer un jeûne de 24 heures, qui est renouvelé pendant une durée de jour,  choisie à l’avance.

En général, le jeûne commence le soir après le dîner, par exemple à 20 heures, et l’on ne mange aucune nourriture et éventuellement on ne boit pas non plus, jusqu’au lendemain soir 20 heures, soit 24 heures!

Ce jeûne est beaucoup plus facile à pratiquer, et il est très bénéfique de le faire régulièrement, par exemple un jour par semaine. On peut choisir, par exemple, de jeûner le Dimanche ou un jour où on veut se consacrer en profondeur à la médiation ou l’étude spirituelle. L’absence de digestion rend l’esprit plus clair et vif.

Comme en témoigne beaucoup de passage de Textes Sacrés, il est également recommandé de jeûner dans les moments difficiles, ou de décisions délicates, toujours pour avoir une conscience plus claire et être libéré du temps de préparation et absorption du repas.

Si on choisit de ne rien absorber en dehors de l’eau, cela s’appelle un jeûne hydrique. Et si l’on supprime même la boisson, comme pour le Ramadan, c ‘est un jeûne sec. (Attention, ne pas pratiquer de jeûne sec plus de 24 heures sans en aviser un professionnel).

Le semi-jeûne

Ce n’est pas un jeûne à proprement parler puisqu’on absorbe de la nourriture, mais c’est une forme de jeûne malgré tout car on s’abstient de manger un certain type de nourriture.

Ce type de jeûne est surtout bénéfique pour le corps, par son action purifiante, comme une diète, mais pas vraiment pour l’esprit car la privation est peu importante et donc les réactions de l’ego et du mental sont plus faibles. On ne peut pas vraiment travailler le détachement avec ce type de jeûne.

Par exemple, beaucoup de Chrétiens actuels ne pratiquent plus le jeûne du Carême, mais s’abstiennent de manger de la viande pendant cette période.

On retrouve aussi cela avec le poisson du vendredi, dans la religion catholique, qui est une forme d’abstention d’une nourriture sensée être bonne (la viande…)

Ceci dit, ce type de jeûne pour moi est vraiment le minimum du minimum et n’est pas très utile ni au corps ni à l’esprit. Il peut cependant être un premier pas pour un gros mangeur qui aimerait jeûner et qui a besoin d’y aller très progressivement!

Un semi-jeûne plus bénéfique pour le corps est celui fait avec des fruits, par exemple, ou uniquement des crudités. Il a une action nettoyante, drainante de l’organisme et régénère le corps.

Le champion dans cette catégorie est le jeûne de raisin, ou plus justement la cure de raisin, qui consiste à ne manger que du raisins (obligatoirement biologique pour ne pas vous empoisonner!) pendant plusieurs jours.

Cela peut être le weekend-end, ou 5 jours, une semaine, mais le bénéfice est vraiment net à partir de 10 jours. On peut même aller jusqu’à 20 jours.

Pour l’avoir pratiqué pendant 3 années consécutives, je peux témoigner que c’est une jeûne très agréable et facile, le raisin étant un fruit sucré qui nous permet de continuer à travailler normalement, même faire un peu de sport, etc…

Le raisin est un fruit réputé pour ses qualités nutritives et ses effets bénéfiques sur la santé du corps.

Johanna Brandt s’est guérie d’un cancer par la cure de raisin et elle en témoigne dans “La cure de raisin” aux éditions de Jouvence.

Ce genre de semi-jeûne, lorsqu’il est pratiqué plus d’une semaine, a également des effets spirituels flagrants :

J’ai observé un mental beaucoup plus calme, un esprit apaisé, une acuité des sensations et de la conscience, une énergie joyeuse.

C’est là que j’ai réalisé combien une nourriture trop riche et abondante puise l’énergie du corps et que cela se répercute sur notre faculté d’attention et  la conscience en est assombrie.

Le semi-jeûne est une excellente préparation au véritable jeûne, aussi bien physique que psychologique.

S’il vous est très difficile de jeûner, qu’il y a beaucoup de résistances en vous, le semi-jeûne les apprivoisera et vous donnera confiance en votre capacité de vous priver de nourriture.

C’est une manière douce et non-agressive de rassurer le mental et le corps trop attachés à la croyance en la nécessité de manger beaucoup et souvent!

Conseils pour bien jeûner

Il s’agit bien sûr d’un simple partage de mon expérience, je ne suis pas une spécialiste du jeûne, et je vous encourage à vous documenter ailleurs que sur ce blog.

Si vous avez des problèmes de santé, le jeûne peut-être très curatif, mais encore une fois, voyez cela avec une personne compétente.

N’oublions pas que les jeunes enfants et les animaux jeûnent spontannément lorsqu’ils sont malades, ce qui est une très bonne chose, car ainsi l’organisme peut utiliser tout son énergie pour combattre la maladie, au lieu d’en perdre pour la digestion.

Cependant, dans certains cas  (grosses pertes de poids, grande fatigue) le corps peut mal supporter le jeûne. Consulter avant.

Mon expérience se résume à un jeûne de 15 jours, un de 5 jours et un de 3 jours, tous des jeûnes totaux, c’est-à-dire sans aucune prise de nourriture autre que de l’eau ou des tisanes.

Sinon je pratique le jeûne du Ramadan depuis 8 ans (soit 30 jours avec un repas par jour) , et le jeûne hebdomadaire depuis 10 ans.

Vous qui me lisez, si vous avez fait l’expérience de jeûnes prolongés, je suis intéressée, surtout par les effets sur l’état intérieur.

Comment se lancer pour la première fois?

Le jeûne est souvent, comme on l’a vu plus haut, fortement perturbant pour le mental qu’il ébranle et qui résiste : changement d’habitude, peur de manquer, de mourrir, désirs contrariés, etc…

Le but du jeûne spirituel n’étant pas de nourrir nos frustrations ou peurs, et de se mettre en lutte avec nous-même (le mental, l’ego), il peut être bon d’y aller tout doucement, pour mettre le mental en confiance et l’apprivoiser.

Par exemple, si vous êtes carnivore, commencez par pratiquer un jour, voire une semaine sans viande (excellent pour votre santé et celle de la planète, soit dit en passant…) ou sans laitages.

Sur le plan psychologique, c’est un apprentissage doux de la privation d’un aliment. Sur le plan physiologique, cela donne un certain repos au corps et le purifie, ces aliments étant riches en graisses et toxines.

Ensuite, vous pouvez supprimer également pendant 1 à 3 jours, les céréales (pain, pâtes, riz, etc…) et légumineuses (lentilles, par ex;), pour ne manger que des légumes et des fruits, à volonté.

Pour finir, ne mangez que des fruits, ou mieux encore, un seul type de fruits : pommes, raisins…toujours pendant 1 à 3 jours. Ne vous inquietez pas, vous ne pourrez pas être carencés!

Si vous êtes très attentifs, vous verrez déjà, pendant cette période de découverte, de pré-jeûne, si je puis-dire, toutes sortes de résistances, peurs, qui vont ressortir, mais aussi, pour beaucoup, des découvertes appréciables, comme un meilleur sommeil, plein d’énergie, une sensation de légèreté et de bien-être.

Il y a de fortes chances que, comme la plupart d’entre nous occidentaux, cela fait des années que vous “sur-mangez”, c’est-à-dire manger sans véritable faim, et manger au-delà de la faim.

Les conséquences pour notre corps sont des tissus adipeux avec de la graisse, un estomac dilaté, une digestion difficile, etc…

Il faut savoir que après la digestion, le corps effectue un travail de détoxination. C’est-à-dire, qu’après avoir assimilé les éléments nutritifs pour le corps, il élimine ceux néfastes ou inutiles.

Le fait de manger trois, voire quatre repas par jour, et de grignoter ou boire des boissons sucrées entre ces repas empêche totalement ce processus de nettoyage en profondeur.

C’est pourquoi, dès que l’on donne au corps ce temps-là, en réduisant le nombre de nos repas ou de nos aliments, cette détoxination s’enclenche.

Si notre corps est très encrassé – et c’est le cas la plupart du temps – il y a aura beaucoup de “poubelles” à vider, de toxines à éliminer.
Et c’est cela qui va provoquer, lors de nos premiers jeûnes ou pré-jeûnes, des réactions physiques comme des sensations de faiblesse, des étourdissements, parfois des maux de tête, des crampes d’estomac.

Il est capital de savoir que ces symptômes ne sont pas liés à l’absence ou manque de nourriture, car  notre corps a beaucoup de réserves et beaucoup plus de ressources que nous le croyons.

C’est important de le savoir, sinon nous allons nous précipiter pour manger quelque chose au moindre malaise, nous sentant défaillir.

En général, dans ce cas, un grand verre d’eau et le fait de s’allonger ou  s’asseoir un instant suffit à dissiper les symptômes de détoxination.

C’est pourquoi il est très important de faire des “pré-jêunes”, car moins votre corps sera encrassé, moins les rejets de toxines seront violents.

J’ai le souvenir d’avoir fait une journée de jeûne, au tout début de mon expérience, sans préparation, et j’ai eu une poussée d’aphtes qui ont envahi ma bouche.

C’est ainsi que j’ai mesuré l’état de mon corps, pourtant en bonne santé apparente, mais sûrement surchargé.

J’ai mesuré ainsi mon attachement à la nourriture, et le manque de conscience, puisque je n’écoutais pas ma sensation de faim ou de satieté.

Attention! Je rappelle encore que non-attachement ne signifie pas rejetter les plaisirs alimentaires. C’est simplement n’avoir plus d’envies, que des préférences. J’ai,  c’est  bien. J’ai pas, c’est bien aussi.

Le jeûne hebdomadaire

Il consiste à ne rien manger du moment du réveil jusqu’au soir, à l’heure du diner de la veille. Ainsi, le corps fait un repos de 24 heures.

C’est un très bon type de jeûne pour débuter. Il a l’avantage également de ne pas nécessiter une trop longue préparation, sauf si vous avez des habitudes alimentaires d’ogre…

Pour commencer, vous pouvez faire de ce jour-là un jour sans viande, puis la semaine suivante , ou quand vous vous sentez prêts, sans légumineuses, puis de même sans céréales, puis sans légumes et fruits, juste des jus de fruits, puis des tisanes, et finir avec de l’eau simplement.

Cela rassure le mental qui voit qu’on s’en sort très bien.

Ce jeûne fait partie de la discipline de beaucoup de chemins spirituels. Il est très bénéfique d’utiliser le jour du jeûne pour intensifier nos pratiques spirituelles : méditation, ou lecture, ou prière, etc…

Le Dimanche peut être un jour très approprié pour ce type de jeûne.

Vous découvrirez avec surprise tout le temps libre d’une journée sans préparation de nourriture, d’act de manger, de débarrasser, ranger, laver … et digérer!

Le jeûne total

Deux ou trois jours

A nouveau, je précise que pour un jeûne de plus de trois jours, il vaut mieux vous faire accompagner par une personne compétente en la matière.

La préparation mentale et physique d’un jeûne total est très importante. Physiquement, si vous voulez diminuer les réactions de détoxination du corps, préparez votre corps avec une semaine sans viande, puis sans laitages ni légumineuses, puis deux ou trois jours rien que des fruits ou des soupes. Buvez beaucoup.

Spirituellement, il est souvent très bénéfique de jeûner avant de prendre une décision importante dans sa vie, ou lors d’évènements qui nous boulversent (deuil, accident) Celai aiguise et élève notre conscience ce qui nous aide à prendre du recul.

Ce qui n’est pas le cas des films où l’on voit les héros se précipiter sur une bouteille d’alcool dès qu’il y a un problème…

Si la saison s’y prête, une cure de raisin de 10 jours, un mois avant vos deux ou trois jours de jeûne aura bien nettoyé et revitalisé votre corps.

Mangez léger la veille du début du jeûne, une soupe au dîner, par exemple.

Non! On ne se goinffre pas pour “tenir”, ça, c’est le mental qui a peur…

Il peut être intérressant de tenir un “journal de bord” pour y noter tout ce que vous observez en vous, aussi bien au niveau physique que mental et spirituel.

L’idéal, pour jeûner, est de se trouver dans un cadre agréable, où la nature est présente,où l’air n’est pas pollué. Un endroit paisible et intime, prorpre à l’introspection ou le “rien faire”, juste être LA.

Les jeûnes longs

5 jours, 10 jours, 15 jours voire un mois!

Je ne vais pas en parler techniquement ici puisque je n’en ai pas les compétences, mais j’ai envie malgré tout de partager ma petite expérience de jeûne de 15 jours afin que vous vous fassiez une idée.

Les premiers jours de jeûne, éviter de parler trop près du visage d’une personne, car votre haleine est nausébonde! C’est un très bon signe :votre corps évacue toutes ses cochonneries.

La “mauvaise” nouvelle est qu’il se peut que vous ayez aussi des aphtes, des boutons, une langue toute blanche, un teint de papier maché ou jaunâtre, des courbatures, des douleurs articulaires, mais rien d’insupportable, n’ayez pas peur!

C’est la magie du corps, la machine à nettoyer qui s’est mise en route et qui expulse par tous les passages possibles les toxines.

( à suivre…)