Le guerrier pacifique
ou le combat contre l’oubli de SoiArchive pour Paroles de Guerriers
Comment “connaître” Dieu?

Ce que l’éveil nous demande, c’est de “savoir” d’abord une chose, et ainsi d’en faire l’expérience.
Par exemple, si vous savez que la vie va toujours s’accomplir comme il le faut, elle le sera probablement. Si vous savez que le monde est un lieu amical, il se manifestera ainsi la plupart du temps. Si vous “connaissez” Dieu, vous ferez l’expérience de Lui. Et si vous savez que vos prières seront entendues, elles le seront.
Une façon de “connaître” Dieu est de prendre du temps chaque jour pour méditer tranquillement.
Ceci, bien sûr, peut mener nulle part. Et si vous êtes attachés aux résultats vous serez bientôt découragé et déçu. Ce n’est que si vous êtes détaché, ce n’est que si obtenir des résultats ne sont pas du tout l’objectif que votre méditation sera sereine. Et c’est dans cette sérénité que Dieu peut être trouvé.
Une autre manière de trouver Dieu est d’amener quelqu’un à trouver Dieu. Encourager, guider autrui vers une expérience, c’est l’encourager et la guider en nous-même. Ceci parce qu’il n’y a personne d’autre.
Alors ne passez pas vos jours et votre temps à vous demander comment vous allez pouvoir connaître Dieu. Passez vos jours et votre temps à vous demander comment vous pouvez devenir un instrument au travers duquel d’autres peuvent être amenés à connaître Dieu.
Car ce que vous apportez au autres, vous l’apportez à vous-même. Et ceci est une grande vérité.
Neale Donald Walsch
Rien à faire

Le bonheur ne se trouve pas avec beaucoup d’efforts et de volonté mais réside-là, tout près, dans la détente et l’abandon.
Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à faire.
Tout ce qui s’élève dans l’esprit n’a aucune importance parce que n’a aucune réalité.
Ne t’y attache pas. Ne te juge pas.
Laisse le jeu se faire tout seul, s’élever et retomber, sans rien changer, et tout s’évanouit et commence à nouveau sans cesse.
Seule cette recherche du bonheur nous empêche de le voir.
C’est comme un arc-en-ciel qu’on poursuit sans jamais le rattraper. Parce qu’il n’existe pas, qu’il a toujours été là et t’accompagne à chaque instant.
Ne crois pas à la réalité des expériences bonnes ou mauvaises, elles sont comme des arcs-en-ciel.
A vouloir saisir l’insaisissable, on s’épuise en vain.
Dès lors qu’on relâche cette saisie l’espace est là, ouvert, hospitalier et confortable.
Alors profites-en. Tout est en toi, déjà. Ne cherche plus.
Ne pas pas chercher dans la jungle inextricable l’éléphant qui est tranquillement à la maison;
Rien à faire.
Rien à forcer.
Rien vouloir.
Et tout se fait tout seul.
Lama Guendune Rimpoché

Un jour tout neuf

CE JOUR EST UN JOUR TOUT NEUF
Il n’a jamais existé et il n’existera jamais plus.
Prenez donc ce jour et faites-en une échelle
pour accéder à de plus hauts sommets.
Ne permettez pas que la tombée du jour
vous trouve semblable
à ce que vous étiez à l’aube.
Faites de ce jour un jour unique, mémorable.
Enrichissez-le et, ce faisant, enrichissez-vous.
Ce jour est un don de Dieu.
Il n’est donc pas quelque chose d’ordinaire,
de fortuit, quelque chose qui va de soi.
Il vous est spécialement offert.
Prenez-le entre vos mains
avec un sentiment de ferveur.
Swâmi CHIDANANDA
Le silence des Sages

Il y a un langage qui se passe de paroles. Il vient du silence et ne peut être capté par les oreilles, seulement par le coeur.
Le langage sans paroles est fait de confiance, de foi, de dévotion et d’amour. Aucune parole n’est nécessaire pour exprimer ces qualités.
Les oreilles sont l’instrument qui permet de recueillir un son; où il n’y a pas de son, les oreilles n’ont pas de fonction. Mais le coeur est un instrument qui ressent l’énergie en mouvement créée par le langage sans paroles.
On ressent la paix et l’amour des sages qui sont complètement dévoués à Dieu. En présence de Ramana Maharshi*, les questions des uns et des autres trouvaient leur réponse dans son silence.
Extrait de “Vivre sa paix intérieure” de Baba Hari Dass, aux éditions Jouvence.
Baba Hari Dass est entré dans le silence depuis une quarantaine d’années. Il communique à ses disciples au moyen d’une petite ardoise. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages.
*Ramana Maharshi est un être Eveillé qui a vécu au siècle dernier. Voir sur ce blog dans les tags.
Le chemin vers la béatitude

C’est parce que j’ai moi-même identifié la souffrance,
Compris la souffrance,
Identifié les causes de la souffrance,
Supprimé les causes de la souffrance,
Reconnu l’existence du bien-être,
Obtenu le bien-être,
Identifié le chemin qui mène au bien-être,
Parcouru ce chemin jusqu’au bout
Et réalisé la libération totale,
Que je peux proclamer ma délivrance.
Le Bouddha
L’origine du doute

Face aux vérités spirituelles,
le doute n’est que l’ego qui se défend désespérément contre la sagesse qui le détruira.
Parole d’un maître bouddhiste tibétain. (Rigpa, Glimpse of the Day)
Exhortation de Bhagavan Ramana Maharshi sur la méditation

“La méditation consiste à se concentrer sur une seule pensée à l’exclusion de toutes les autres.
Concentrez-vous sur ce que vous préférez. Quand une seule pensée occupe entièrement votre champ mental, toutes les autres pensées sont éliminées. Tant que la diversité règne, vous serez victimes de mauvaises pensées.
Quand l’amour constitue votre unique objet de concentration, seules les bonnes pensées s’accumulent. Pour cela, accrochez-vous à une seule idée.
De toutes les pratiques spirituelles, la plus importante est la méditation.
Méditation veut dire combat.
Dès que vous commencez votre méditation, d’autres pensées envahissent votre scène mentale. Elles se renforcent mutuellement, et essaient d’étouffer l’idée sur laquelle vous vous êtes concentré. Cette idée doit se renforcer graduellement grâce à une pratique régulière. Dès qu’elle sera devenue suffisamment forte, elle livrera bataille aux autres pensées. C’est le combat Royal qui se livre inéluctablement au cours de la méditation.
Pour se débarrasser de la souffrance, il faut obtenir au préalable la paix mentale qui implique l’absence de perturbations provoquées par le tourbillon des pensées. La paix mentale n’est procurée seulement que par la méditation.
Quand la méditation est bien établie, on ne peut plus s’en passer. Elle se déroule automatiquement, même quand on travaille, ou que l’on s’amuse, ou que l’on éprouve du plaisir, et même pendant le sommeil.
La méditation doit avoir tellement imprégné les couches inconscientes de l’être, qu’elle devient naturelle. “
( Bhagavan Ramana Maharshi )
["Mauvaises" pensées n'a ici aucun signification morale. Une "mauvaise" pensée est une pensée qui nous détourne de la vérité, de Qui Nous Sommes vraiment.]
Pour être libres : Andrew Cohen

Si vous voulez être libre, si vous voulez devenir un être humain libéré, libre de la peur et de l’ignorance, il est essentiel de commencer à vous intéresser à ce que signifie être simple – terriblement simple, effroyablement simple, scandaleusement simple. 19
Passer de la servitude à la libération, c’est passer de la complexité à la simplicité. 19
Et ce mouvement, ce passage de la complexité à la simplicité, finira par exiger de nous de renoncer à tout ce qui est faux, vicié et factice. 19
Il exigera que nous soyons disposé à transcender tout ce qui est superficiel et hors de propos. Car d’un point de vue profondément spirituel pratiquement tout ce qui nous intéresse et nous préoccupe finira par se réveler complètement hors de propos, dénué de toute importance et une totale perte de temps. 19-20
Si la Libération est la seule chose qui importe pour nous et si nous sommes prêt, pour y parvenir, à agir de manière à ne pas succomber à la tentation de croire qu’il pourrait exister quoi que ce soit d’autre de plus important, nous devenons vraiment très simple. 21
Si nous y sommes véritablement disposé maintenant, notre relation au monde tout entier, et à tout ce qui s’y trouve, change : tout devient possible. Pourquoi? Parce qu’à l’intérieur de nous-même notre attention ne se porte plus que sur une seule chose. Elle est désormais focalisée sur un mystère au sein duquel n’existe pas la moindre sensation de limitation. Ce mystère et incommensurable, indescriptible, inconnaissable. 22
Lorsque, au contraire, l’essentiel de notre attention se porte sur le monde matériel – sur ce que nous en attendons, sur nos sentiments à son égard et sur ce que nous en pensons – rien n’est plus possible, car nous avons dédié notre attention à ce qui est intrinsèquement limité. Dans ce cas, le possible est très réduit. 22
Il importe de comprendre qu’au bout du compte, tout ce que chacun d’entre nous peut faire, c’est vouloir plus que toute autre chose être libre, et être prêt à faire tout ce qu’il faut, quoi que ce puisse être, pour y parvenir. 23
Vouloir plus que toute autre chose être libre signifie que nous avons cessé d’attendre, que nous avons cessé de temporiser. Cela signifie que nous avons cessé de nous abuser et que nous sommes enfin devenu sérieux, que nous ne sommes plus effrayés de vivre une relation inconditionnelle à la liberté. Bien au contraire, cette perspective embrase notre coeur. 23
Si nous voulons être libre, nous devons être disposé à assumer la pleine responsabilité de tout ce que nous faisons. 29
Si nous souffrons sans relâche, si la douloureuse expérience de l’isolement et de la séparation est courante, c’est en fait uniquement parce que nous ne faisons pas les bons choix. 31
Et pourquoi cela? D’après la réponse traditionnelle, cela vient de notre état d’ignorance : nous ne pouvons pas faire mieux. Et tant que nous n’aurons pas atteint ce point décisif de notre évolution où nous prenons la décision capitale d’être libre, d’être libéré dans cette vie, l’ignorance sera toujours une excuse valable pour faire les mauvais choix. 32
Cela dit, le choix d’être responsable de tout ce que nous faisons est le plus difficile de tous. 32
Pour la plupart d’entre nous, nous ne voulons même pas nous approcher d’une telle relation à la vie… Quasiment aucune de nous, ou presque, ne veut assumer une telle responsabilité. Pourquoi? La réponse est simple : parce qu’alors nous ne pourrions plus rejeter sur quiconque la faute de notre détresse.32
Nous refusons d’abandonner la conviction profonde que nous sommes une victime, que nous avons besoin de temps pour panser nos blessures, d’encore plus de temps pour surmonter le passé, et encore davantage pour mener une vie de compromis. 32
La question est donc : quels choix faisons-nous? En fait, ce sont les choix que nous faisons, et seulement ces choix, qui définissent ce que nous sommes réellement à n’importe quel moment donné - et d’un instant à l’autre, ce que nous sommes peut radicalement changer. 34
Nous devons donc nous poser la question suivante, d’instant en instant : Quel choix suis-je en train de faire? Mes choix expriment-ils un amour de la vérité, une préférence pour ce qui est sacré? Ou bien témoignent-ils d’un attachement au faux et d’une identification à ce qui est vicié? 34
Être ignorant signifie que nous faisons encore et encore les mauvais choix, aveuglément sous l’emprise d’un profond conditionnement. 34
Être éveillé signifie que nous faisons en permanence les bons choix. Pourquoi? Parce que nous pouvons voir. Parce que nous savons ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Et parce que désormais, au coeur même de notre être, nous ne voulons plus faire les mauvais choix. 34
Lorsque nous ne voulons plus faire les mauvais choix, une impulsion karmique est créée, une dynamique gonflée de tous ces mauvais choix si souvent répétés au fil du temps. 34
Lorsque nous ne voulons plus faire les mauvais choix, nous avons enfin été purifié du désir de choisir l’ego, de choisir la séparation. 34
Quand nous avons choisi des centaines de milliers de fois l’égoïsme et la séparation, cela finit par devenir une impulsion très puissante, une dynamique qui se nourrit et se perpétue d’elle -même, qui commence à usurper l’énergie de la personnalité pour finir par en prendre complètement le contrôle, la propulsant en avant dans le temps. 35
Mais cette dynamique, c’est nous qui l’avons créée. Nous l’avons créée par les choix que nous avons fait encore et encore. Et voilà pourquoi nous disons si souvent : “Mais je n’y peux rien!” 35
Pour être un individu véritablement libéré, cette dynamique doit être totalement détruite, entièrement et parfaitement réduite à néant. Ce n’est que lorsqu’elle aura été abolie que l’on aura réalisé un état de Libération permanente. 35
Et pour annihiler cette puissante dynamique, il suffit simplement de faire le choix d’être libre. Non pas une ou deux fois, mais encore et encore. Si nous voulons être libre et annihiler la dynamique accumulée du karma passé, la constance est impérative. 35
Et pour réussir, nous devons développer une profonde confiance en notre propre capacité à continuellement faire le choix d’être libre, que cela nous semble ou non la bonne chose à faire. 35
Bien souvent, lorsqu’ils commencent à s’engager sérieusement dans la pratique spirituelle, les chercheurs se trouvent confrontés à cette force du karma, cette dynamique de conditionnement; ils entreprennent alors de lui livrer combat.Et rencontrent alors une énorme résistance. Une résistance à quoi? A faire la chose juste. 36
Certes, l’expérience spirituelle peut nous permettre de percevoir directement la relation vraie et juste entre toutes choses. Mais c’est seulement en faisant les bons choix que nous serons en mesure d’agir conformément à cette révélation. 36
Et c’est en agissant encore et encore conformément à ce qui nous a été révélé dans une profonde expérience spirituelle que la puissance dynamique du karma peut finir par être annihilée. 36
Pour y parvenir, nous devons être convaincu par notre propre expérience, sans le moindre doute, que la Libération est une possibilité vivante, bien réelle. Mais à partir de ce moment – et que ce qui a été directement vécu dans la révélation spirituelle soit apparent ou non – nous devons à chaque instant choisir d’être libre, envers et contre tout. 36
Alors, nous devenons un vrai GUERRIER SPIRITUEL. 36
Alors, nous sommes enfin devenu sérieux dans notre détermination à vaincre l’ignorance dans cette vie. 36
Extraits de “Embrasser le Ciel et la Terre” de Andrew Cohen, aux éditions Le Relié, 2002. Les numéros en fin de phrases indiquent la page du livre d’où elles ont été tirées.
La méditation : paroles d’un maître bouddhiste zen

Voici des extraits de “Soyez Zen” de Joko Beck, moine bouddhiste zen américaine. Les passages ont été choisis en fonction de l’aide et de la compréhension qu’ils apportent pour nous encourager à pratiquer sérieusement la méditation. Ils peuvent s’appliquer aussi bien pour les temps de méditation assis sur notre coussin, que pour la vie quotidienne, car n’oublions pas que le but de la méditation, c’est d’avoir une vision constante de la Vérité.
Ce précieux petit ouvrage est pour le moment épuisé. Si vous le trouvez chez un bouquiniste ou une brocante, achetez-le sans hésiter. C’est un trésor de clarté et de motivation pour qui veut véritablement pratiquer.
Les nombres à la fin de chaque extrait renvoient à la page correspondante. Le texte a été mis à la première personne du singulier afin d’avoir plus d’impact sur le mental. (Zazen désigne la méditation assise zen)
La première chose à faire, c’est d’apprendre à observer mes pensées pour les identifier et les répertorier. Je ne dois pas me contenter de les classer sous une rubrique fourre-tout “pensées” ou “soucis”. Je dois leur donner une étiquette bien définie, la plus précise possible. 61
J’apprends à reconnaître et à identifier mes pensées, afin de prendre mes distances par rapport à elles, de m’en dés-identifier. En faisant zazen, j’apprends à démonter le mécanisme d’élaboration et de solidification des pensées : je perçois le monde extérieur sous la forme de perceptions que je solidifie en m’identifiant à elles, leur conférant une réalité qu’elles n’ont pas. 66
C’est de là que naît la notion d’ego et les émotions qu’elle inspire. L’ego et les émotions agissent comme un filtre déformant sur toutes mes perceptions. Je ne suis plus capable de voir la vie et les gens tels qu’ils sont. Je suis coupée du réel par un écran de pensées que j’ai peur de voir telles qu’elles sont. 67
Me dire “cette personne est impossible!” ce n’est pas du tout la même chose que me dire : “Je suis en train de penser que cette personne est impossible”. J’ai l’habitude de prendre mes pensées pour des réalités, sur lesquelles je base des réactions impulsives. 67
Une fois que je reconnais l’irréalité foncière de mes pensées, je les vois, mais elles ne m’affectent plus. Je suis capable de rester calme et de ne plus me laisser influencer par elles. Tant que je n’aurais pas conquis cet espace de liberté intérieure, j’aurais besoin de continuer à pratiquer zazen régulièrement, tous les jours, pour faire le ménage dans mon corps et dans ma tête. 72
L’accumulation excessive de pensées et d’émotions, qui se solidifient lorsque l’attention ne vient pas les dissoudre, donnent une coloration émotionnelle à tout ce qui m’arrive. 73
Une énergie créatrice se développe chaque fois que l’on sait ramener son mental sur l’instant présent, lentement, mais sûrement, elle s’amplifie à chaque fois que je prends conscience des divagations incessantes auxquelles se livre mon esprit, et elle apaise le corps et le mental. 82
Le zazen me permet d’analyser et de passer au crible, sans relâche et avec un maximum de lucidité, toutes mes caractéristiques physiques et mentales. 91
Je vais découvrir que ce que j’ai coutume d’appeler le “moi” n’est ni plus ni moins que ces schémas récurrents, ces réflexes de désirs. 93
Ces vieux schémas vont se dissoudre peu à peu, grâce à l’éclairage de la conscience, toujours plus alerte et lucide, dévoilant leur irréalité foncière. Au fur et à mesure de leur disparition, apparaît le non-soi -déjà présent- me remplissant de joie et de paix. 93
Seule une pratique décidée est capable de battre en brèche mes vieilles habitudes de vie. 94
Le rôle du zen sert à développer ma capacité à prendre du recul et à observer. 100
Observer, c’est me faire le spectateur attentif du feuilleton qui est en train de se dérouler dans ma tête. 101
L’observation me permet de me rendre compte que les pensées ne décrivent pas la réalité d’une situation mais seulement ma version des faits, l’idée que je m’en fais, ce sont d’irréelles créations mentales. 101-102
En apprenant à observer mes pensées et ressentir sans les esquiver ou les rejeter les effets physiques qu’elles provoquent, je créé de l’espace en moi qui me permet de m’en désengager.102
Je pars d’un espace minimal que je vais m’efforcer de faire grandir de plus en plus. Cette expansion va se poursuivre jusqu’au jour où je retrouverai l’espace illimité de ma nature initiale, avant qu’elle n’ait été tronquée par l’ego. 102
Quel est cet autre “je” qui observe ce qui se passe? Il me montre que je suis autre chose que ma colère, que mon chagrin…autre chose de plus grand, de plus vaste. 103
L’important, c’est de cultiver et de développer cette aptitude à observer ce qui se passe en moi. L’objet de l’observation est toujours secondaire. 103
Il faut une sacré dose de vrai courage pour arriver à une pratique authentique : je dois être prête à assumer la révélation de certains aspects de moi-même que j’aurai préféré ignorer tranquillement. 110
Si je constate en moi quoique ce soit que je juge négatif, au lieu de l’esquiver, de le rejeter, de chercher à le changer, rester le spectateur de cela. Le ressentir bien à fond, le goûter pleinement, l’apprécier. C’est le seul moyen d’acquérir la lucidité. 130
Dans le zazn, on apprend à reconnaître les pensées à forte charge affective qui nous occupent l’esprit la plupart du temps. 141
Ce n’est qu’au-delà des mots que je peux expérimenter ce qui se passe en moi, et pour cela, je dois commencer par observer mes pensées. Observer une pensée qui me trotte dans la tête et bien la regarder jusqu’à ce qu’elle ait perdu suffisamment de sa charge affective, puis, une fois la pensée ainsi décantée, en faire l’expérience en me plongeant au cœur même du sentiment que j’éprouve. Que j’expérimente bien à fond ce que je ressens, que je le vive de façon directe sans formulation verbale. 110
Il me faut une vie de pratique quotidienne pour dissoudre mon attachement à mes pensées chargées d’affectivité qui me séparent de l’Amour vrai. 144
Lorsque je me libère de l’influence des pensées et des opinions, je peux faire plus de place à l’expérience directe et immédiate des données de la perception, ce qui me permet de mieux sentir le vécu réel – l’expérience perçue – de l’autre. 170
Lorsque je réussis à m’émanciper du joug de mes opinions pour me livrer à l’expérience immédiate du perçu, j’agis spontanément dans un sens qui est favorable à tout le monde : à la fois à moi et aux autres. 170
Le zazen permet de constater que je ne connaît qu’une toute petite fraction de moi-même et plus je perçois mieux mon vécu, moins j’ai tendance à agir en fonction de mon conditionnement et de mes souvenirs, et de plus en plus en réponse à ce qu’est la vie, à l’instant même où je l’expérimente. 171
La compassion vient de la compréhension vécue de l’identité fondamentale de tous les êtres. Pour comprendre ce que l’autre ressent, je dois moi-même être capable d’expérimenter de manière directe et immédiate, chaque perception de mon vécu. 172
Pratiquer la méditation, ce n’est pas fuir le monde au profit de quelque rêve éthéré, c’est au contraire entrer en contact beaucoup plus étroit avec les réalités de ma vie. 175
La bonne pratique dédramatise les choses et me ramène dans un espace de simplicité où les choses sont simplement ce qu’elles sont : une forme d’expression spontanée de la vie, incompatible avec la rigidité de l’ego. 189
La pratique a un but très clair : m’aider à ne plus souffrir, me libérer de la souffrance, mais aussi à en libérer tous les autres. 191
Si je ne suis pas capable de me défaire instantanément de l’emprise de la pensée discursive, je n’arriverai jamais à rien, même si je m’acharne pendant des années. 194
(La pensée discursive est la pensée qui raisonne, qui “discute”)
Mon gros et mon seul vrai problème, c’est cette frénésie d’étiquetage du mental sur tout ce qui m’arrive, et surtout, c’est que je prenne pour la réalité les idées que j’ai plaquées sur elle. C’est de là que vient la fausse souffrance. 194
Faire zazen, c’est refuser, avec une inlassable patience, de me laisser dominer par mes pensées et mes préjugés sur moi, sur les autres, et sur les évènements, pour toujours revenir à la seule réalité : celle de l’instant présent. 198
Le zazen est une forme de renoncement actif : je renonce au dérisoire de mes fantasmes et de mes rêves personnels au profit de l’expérience de la réalité présente. 198
En faisant face à l’instant, je me retrouve face à face avec la souffrance, et, si je parviens à me laisser aller à ce sentiment et à l’assumer, je comprendrais, j’aurais une connaissance directe de moi-même. Je n’aurai besoin de personne pour venir m’expliquer la nature de mon être ou le sens de la vie. 198
La pratique est au début comme une pilule amère, elle demande des efforts. Elle est amère pour l’ego qui pressent qu’elle peut être l’instrument de son anéantissement. Mais à mesure que s’étiole le petit “moi”, la pilule devient un bonbon extraordinaire et délicieux : un sentiment de paix profonde et de vrai confiance en soi. C’est le sentiment que je ressens lorsque je sais aimer les autres sans rien attendre en retour. Cette saveur dépend, pour son intensité, de l’état d’avancement du processus de dépérissement de l’ego. 202
Plutôt que de goûter à la perfection de l’instant, je préfère remuer la vase de mes petites idées. 203
Il ne s’agit pas seulement de reconnaître la colère qui m’habite (ou la tristesse), mais aussi les réactions qu’elle suscite en moi, ce qui me permettra de les voir venir. A l’inverse, la moindre de mes réactions peut servir d’amorce à la pratique. 205
Toute pratique spirituelle suscite une forte résistance de ma part, nécessairement. C’est le premier obstacle à surmonter. 205
Le deuxième obstacle est un manque d’honnêteté envers moi-même, car ce n’est pas agréable de m’avouer la noirceur et la frivolité de mes sentiments, de les admettre. Je ne dois rien ignorer de ce qui se passe en moi, et regarder ma réalité en face plutôt que de rêver de mon idéal de perfection. 206
Le troisième obstacle à surmonter est de me libérer de la fascination et du désir des petites expériences d’ouverture qui peuvent survenir parfois dans ma pratique. Ces expériences ne sont pas le but et n’ont de valeur que si je m’en sers pour nourrir mon vécu quotidien. 206
Le quatrième obstacle à surmonter est d’arriver à apprécier l’ampleur de la tâche dans laquelle je me suis engagée. Une tâche certes possible, mais sans fin. 206
Le cinquième obstacle consiste à croire que les discussions et lectures peuvent remplacer une pratique assidue. Plutôt que de refaire le monde, il vaut mieux que je fasse mon propre examen de conscience et de constater mes manquements et mes défaillances. Trop de discussions spirituelles peuvent être un alibi, un rempart contre la pratique. 207
Je n’existe pas en tant qu’entité permanente et c’est la dernière chose que j’ai envie de savoir! 207
Une bonne pratique est celle qui s’occupe de cette peur-là : mon impermanence, mon irréalité. Plus j’ai peur de cela, plus le mental s’active, spécule, analyse, fantasme. 207
Si je pratique patiemment, en m’appliquant à bien sentir mon souffle, tout en observant le va-et-vient de mes pensées, une réelle compréhension du fonctionnement de l’esprit se fera jour en moi. 221
Quand je médite, je dois me contenter d’être telle qu’en moi-même, sans rien trier ni rien jeter, mais d’expérimenter pleinement ce que je ressens. 222
Rien de ce qui me concerne ne devrait m’être étranger. Tout doit être passé au crible de l’attention. 224
Toute facette de “moi” qui échappe à ma vigilance fonctionne indépendamment de moi, sans que je puisse la contrôler. 224
La pratique du zazen sert à me familiariser progressivement avec mes émotions en apprenant à en démonter le mécanisme. 225
En apprenant, dans le zazen, à être parfaitement attentive à l’instant présent, je m’ouvre progressivement à la liberté d’être. 226
La compréhension de l’utilité de la pratique dans la vie quotidienne me rend capable, face aux ennuis et aux problèmes, de les apprécier à leur juste valeur pédagogique. 226
La clé de ma liberté est de reconnaître la vacuité de mes pensées, émotions et actes qui en découlent. 226
Bien que mes pensées et émotions soient vides de toute réalité propre, tant que je ne serai pas capable de le voir, je resterai sous leur emprise. 226
Substituer une pensée positive à une pensée négative est une pratique inférieure, car je ne fais que remplacer un conditionnement par un autre. 227
Dans le zazen, il n’y a pas quelqu’un qui est là, qui écoute et qui regarde : il n’y a qu’une écoute, qu’une observation. 229
En réalité, personne n’est séparé de personne. Il n’y a que la vie qui vit : qui voit, qui entend, qui sent, qui touche, qui pense. 229
C’est le rien qui observe le rien. 229
Quand je sais rester dans cet état d’observation neutre, c’est avec intérêt et affection que j’assiste à la tourmente des émotions. 230
Pour cela, il faut que la pratique ait suffisamment renforcé l’espace impersonnel dans lequel les pensées et les émotions peuvent aller et venir sans que je m’identifie à elles. 230
Dans la perception immédiate, sans ego, l’état naturel surgit spontanément. 230
Abstraction faite des différentes formulations, toutes les grandes religions nous transmettent finalement le même message : “Nous ne faisons qu’un, mon Père et moi”. 231
En réalité, la pratique est très simple à définir : c’est avant tout un changement d’optique. 235
Il ne s’agit pas que je devienne autre chose que ce que je suis,ou que je change de mode de vie. Dès l’instant où je me dis que je devrais être un peu plus comme ci ou un peu moins comme ça, je plaque mon idée des choses sur la réalité. La vraie vie est escamotée, ma pratique n’enclenche pas sur le réel et reste stérile. 235
Je ne vis vraiment ma vie que lorsque j’en fais l’expérience directe, au lieu de la rêver en m’imaginant ceci ou cela. 236
La première phase de la pratique a pour but de me faire prendre conscience que je vis en décalage permanent par rapport à la réalité : plutôt que de la vivre, je préfère m’en faire une représentation abstraite, à coup d’idées et de préjugés. 236
La deuxième phase de la pratique est celle de la prise de conscience progressive des barrières que l’ego dresse entre la vie et moi. 237
La troisième phase de la pratique est celle où l’on commence à voir directement les choses telles qu’elles se passent. 237
La pratique est une course qui va m’amener là où je suis maintenant! 237
La pratique consiste à vivre l’instant, en le laissant tel quel, sans rien y changer. 241
Je suis tellement habituée jà toujours courir quelque part pour faire quelque chose. J’aborde le zen avec cette attitude: Je sais que la nature de Bouddha existe quelque part. Je finirai bien par la dénicher si je mets assez d’energie à la chercher et à faire zazen sur mon petit coussin. 242
Pour reconnaître ma nature de Bouddha, je dois savoir laisser tomber cette inutile frénésie pour m’immerger complètement dans l’instant, dans chacun des instants de ma vie. 242
Je dois savoir à tout instant, quoique je sois en train de faire, rester plantée dans le présent, au coeur de l’ici et maintenant, sans rien faire. 243
Je serai incapable de comprendre cela tant que je tenterai de me servir du zen pour devenir un sage, un être doux et illuminé. 243
Chaque instant de la vie – tel qu’il est avant que je le défigure – est une manifestation fulgurante de la vérité absolue. 243
L’essentiel, c’est que je pratique dans l’instant, instant après instant, avec toute la force d’une authentique motivation. 243
Le mental essayera sans arrêt de prendre la tangente pour partir dans ses rêves. Inutile de paniquer, simplement le ramener dans l’instant. 244
L’ego est une super-structure qui recouvre et assombrit notre vision. Le réflexe de vouloir le détruire,lorsqu’on prend conscience de cela, n’est pas la meilleure façon de procéder. 246
A quoi sert de vouloir détruire ce qui n’existe pas? 246
Il ne s’agit pas de démolir la super-structure de l’ego mais d’en comprendre l’irréalité, de réaliser que ce n’est qu’un cauchemar de nature illusoire. 246
Je n’ai pas besoin de me débarrasser de mes problèmes,il suffit que j’en comprenne la nature. 247
En identifiant mes pensées, je vais commencer à me rendre compte que je n’ai pratiquement jamais vécu les choses telles qu’elles se présentent à moi, car elles me parvenaient filtrées et déformées par la pensée égocentrique. 248
L’examen de la super-structure que j’ai créée est une longue et délicate entreprise, une lourde tâche. 249
J’y suis en fait très attachée et je préfère souvent nettement cette construction irréelle à la réalité de la vie. 249
Cet attachement à mes rêves et désirs est mortel : pendant que je passe mon temps à tirer des plans sur la comète, la vraie vie passe irrévocablement sans que je m’en aperçoive. 249
Si je me laisse prendre au piège des rêves et des désirs, c’est qu’ils sont plus séduisants et confortables que la réalité. Mais les suivre est la mort lente garantie, la mort de l’esprit, l’asphyxie par manque de réel. 250
Tant que je ne me rends pas compte de ce que je fais, je continue d’agir selon mes vieilles habitudes. 251
La pratique du zen vise à me rendre plus lucide sur moi-même, ce qui s’appelle me discipliner, car souvent, je ne suis pas empressée d’ouvrir les yeux. 251
Je dois être le témoin patient et persévérant de ce qui se passe en moi. 263
Pratiquer veut dire regarder ma peur en face. Même mon sentiment de culpabilité est encore une fuite. 263
L’ego commence à mourir le jour où je fais réellement l’expérience de ce que je suis, et c’est de cette mort que jaillit une nouvelle vie. 264
L’observation désengagée me sort de l’irréel, me plongeant ainsi dans le réel. 264
Le jour où je serai capable de cultiver cette lucidité attentive pendant 90% de mon temps, je constaterai qu’il n’y a plus de distance, plus de différence entre la vie et moi. Je SERAI ma vie. 264
Le Bouddha n’est autre que l’instant absolu. (qui n’est ni le passé, ni le présent, ni le futur. 267
Le Bouddha, c’est l’expérience intelligente de l’instant. 268
Le paradis n’est ni perdu, ni à conquérir. Le paradis et au coeur de l’instant, même si je n’en suis pas encore consciente. Le paradis est aussi inévitable que l’instant. je ne peux éviter le paradis, je peux juste éviter de le voir. 269
Ce n’est pas le va-et-vient des pensées qui est gênant,mais l’attachement que j’éprouve à leur égard. De même pour les émotions. Dès que je m’y attache, les ennuis commencent. 329
Le zen, ce n’est pas passer 30 ou 40 minutes par jour, les fesses sur un coussin. C’est un programme de vie que je me donne pour la vie. C’est une pratique de tous les instants, 24h sur 24. 26
La meilleur façon de me dé-saisir de mes pensées, c’est d’apprendre à reconnaître quand elles apparaissent et de constater leur présence. 26
Il faut toujours ramener l’esprit à l’instant présent, encore et encore et toujours, inlassablement, des dizaines de milliers de fois. 27
Il y a deux sortes de pensées : la pensée fonctionnelle et la pensée discursive ( ou spéculative ). 27
La pensée fonctionnelle est utile et nécessaire pour fonctionner au quotidien. Ces pensées utilitaires correspondent à une bonne utilisation du mental. 27
La pensée spéculative, par contre, soit 90% de ce que j’ai dans la tête, n’est qu’un bouillonnement d’opinions, de jugements, de souvenirs, de rêves d’avenir sans aucune base réelle. C’est un brouillard de constructions mentales sans rapport avec le réel. 27
Mes notes de lectures :
N’est-ce pas merveilleux de voir une nonne bouddhiste citer une parole du Christ et exprimer à sa manière le même message que dans Conversations avec Dieu, par exemple, entre beaucoup d’autres…?
Pour les bouddhistes zen, le “non-soi” est l’équivalent du Soi, ou Notre Nature Véritable.
(Je me souviens qu’au début où on m’avais expliquée cette technique d’observation désengagée des pensées, je ne comprenais absolument pas, tellement j’étais identifiée, collée, fondue dans mes pensées. Il n’y avait pas d’espace. J’étais mes pensées, et mes pensées étaient moi. A présent, je sens un petit espace, oh, quelque centimètres tout au plus, mais ça change tout )
Pour moi, la Nature de Bouddha, c’est la même chose que Dieu, le Soi, l’Amour, la Vie, Christ…