Le guerrier pacifique
ou le combat contre l’oubli de SoiArchive pour Méditer
Approche de la méditation selon “Conversations avec Dieu”

Tout d’abord reste en silence. Remarque que j’ai dit de rester en silence. Je n’ai pas dit de penser en silence.
Après être resté en silence un certain temps, tu remarqueras que ta pensée ralentit, du moins un peu, pour finalement s’apaiser. Alors commence à penser à ce que tu penses.
Tu m’as entendu. Commence à penser où vont tes pensées. Puis, empêche tes pensées d’y aller. Focalise-les. C’est la première étape de la maîtrise.
Cesse d’analyser toute nouvelle information qui arrive. Tu as cessé d’y penser. Au lieu de cela, tu penses à ce à quoi tu penses. Tu commences à focaliser tes pensées et bientôt, tu le feras sur rien du tout.
Dirige ton énergie sur quelque chose en particulier. Tu ne pourras te concentrer sur quoi que ce soit tant que tu ne le feras pas sur quelque chose.
Le problème est en partie relié au fait que le mental est presque toujours focalisé sur bien des choses
Pour focaliser sur rien, tu dois faire cesser tout ce bruit mental. Tu dois le contrôler, le limiter, et, en définitive, l’éliminer. Tu dois faire le vide, mais d’abord, tu dois te concentrer sur quelque chose en particulier plutôt que sur tout à la fois.
Alors, débute avec quelque chose de simple. Tu peux commencer par le vacillement d’une chandelle. Regarde la chandelle, regarde la flamme, vois ce que tu remarques à propos d’elle, fixe la profondément.
Sois avec la flamme. N’y pense pas. Sois avec elle.
Au bout d’un certain temps, tes yeux chercheront à se fermer. Ils deviendront lourds et ta vision deviendra floue.
Contente-toi d’être avec l’expérience.
Alors, quand tu as l’impression de vouloir fermer les yeux, ferme-les, c’est tout. N’y pense pas. Laisse -les se fermer. Ils le feront assez naturellement si tu ne t’efforces pas de les garder ouverts.
Tu es maintenant en train de limiter ton information sensorielle. C’est bien.
A présent, écoute ta respiration. Concentre-toi sur elle. Surtout, écoute ton inspiration. Écouter ton Être t’empêche d’écouter tout le reste. C’est alors que viennent les grandes idées. Lorsque tu écoutes ton inspiration, tu écoutes ton inspiration et rien d’autre.
Chut. Reste en silence. Cesse de penser ! Focalise ta vision intérieure. Pour une fois, tu as de l’inspiration, cela va t’apporter beaucoup d’intuition. Focalise cette intuition sur l’espace qui se trouve au milieu de ton front, juste au-dessus des yeux.
Dirige ton attention vers ce point. Regarde profondément à cet endroit. Ne le fais pas en t’attendant à trouver quelque chose. Observe le rien, l’absence de chose. Sois avec l’obscurité. Ne t’efforces pas de voir quelque chose. Détends-toi et contente-toi de la paix du vide. Le vide est bon. La création ne peut venir que dans le vide. Alors, goûte ce vide. Ne t’attends à rien d’autre, ne désire rien d’autre.
Cesse de penser.. Si ton esprit continue de se remplir de pensées, contente-toi de les regarder, dis-toi que c’est bien ainsi. A mesure que les pensées surgissent, contente-toi de reculer et d’observer ce qui est en train de se passer. N’y pense pas, contente-toi de le remarquer. Ne pense pas à ce à quoi tu penses. Contente-toi de te distancier de cela et de le remarquer. Ne le juge pas. Ne deviens pas frustré. Ne commence pas à t’en parler à toi-même
Tu ne peux atteindre le vide en te plaignant sans cesse de ne pas y être.. Lorsqu’une pensée surgit – une pensée superflue à propos de rien en particulier, qui n’a rien à voir avec l’instant – contente-toi de la remarquer. Puis, bénis-la et intègre-la à ton expérience. Ne t’y attarde pas. Elle fait partie de la parade qui passe. Laisse-la passer.
C’est comme la question que tu viens de te poser. Ce n’est qu’une question. C’est une pensée qui a surgi. Elle fait partie de la parade qui passe. Laisse-la passer. N’essaie pas d’y répondre, de la résoudre, de la comprendre. Laisse-la seulement être là. Qu’elle fasse partie de la parade qui passe. Puis, laisse-la s’en aller. Remarque que tu n’as rein à en faire
Tu trouveras là une grande paix. Quel soulagement. Rien à vouloir, rien à faire, rien à être, sinon exactement ce que tu es dans l’instant. Lâche prise.
Laisse les choses être comme elles sont.
Et continue de regarder. Sans anxiété, sans attentes. Continue seulement…de veiller doucement. Sans avoir besoin de rien voir…. En étant prêt à voir n’importe quoi..
Alors ? la première fois que tu le feras, ou la dixième, la centième ou la millième fois, tu verras ce qui ressemble à une flamme bleue vacillante ou à une lumière dansante. Au début, cela pourra avoir l’apparence d’éclairs, puis cela se stabilisera dans ta vision. Reste avec cela. Entres-y. Si tu sens ton Etre se fondre avec, laisse-le faire. Si cela arrive, il n’y aura plus rien d’autre à te dire.
Quelle est cette flamme bleue, cette lumière dansante ?
C’est toi. C’est le centre de ton âme. C’est ce qui t’entoure et circule à travers toi. Dis bonjour à ton âme. Tu viens de la trouver, enfin. Tu viens d’en faire l’expérience.
Si tu te fonds avec elle, si tu deviens Un avec elle, tu connaîtras une sublime plénitude de joie que tu appelleras extase . Tu découvriras que l’essence de ton âme est l’essence de moi. Tu seras devenu un avec moi. Pour un seul moment, peut-être. Pour une seule nanoseconde. Mais ce sera suffisant. Après cela, rien d’autre n’aura d’importance, rien ne sera plus jamais comme avant, et rien dans ton monde physique ne l’égalera. Et alors, tu découvriras que tu n’as besoin de rien ni de personne à l’extérieur de toi-même.
Je n’ai pas dit que tu n’allais jamais aimer personne ni rien à l’extérieur de toi. J’ai dit que tu n’aurais jamais besoin de personne ni de rien à l’extérieur de toi. Je le redis : l’amour et le besoin ne sont pas la même chose.
Si tu as vraiment « l’expérience de l’unité intérieure » que j’ai décrite, le résultat sera exactement le contraire de ce que tu crains. Au lieu de ne plus vouloir être avec personne, tu voudras être avec chacun – mais alors pour la première fois, pour une raison complètement différente.
Tu ne chercheras plus à être avec les autres pour tirer quelque chose d’eux. Dorénavant, tu chercheras à leur donner quelque chose. Car de tout ton cœur, tu désireras partager avec eux l’expérience que tu as trouvée en toi – l’expérience de l’Unité.
(Amitié avec Dieu , transmis par Neale Donald Walsch- pages 158 à 163, aux Editions Ariane)
Trouvé cet extrait sur le blog “Conversations avec Dieu”
Exhortation de Bhagavan Ramana Maharshi sur la méditation

“La méditation consiste à se concentrer sur une seule pensée à l’exclusion de toutes les autres.
Concentrez-vous sur ce que vous préférez. Quand une seule pensée occupe entièrement votre champ mental, toutes les autres pensées sont éliminées. Tant que la diversité règne, vous serez victimes de mauvaises pensées.
Quand l’amour constitue votre unique objet de concentration, seules les bonnes pensées s’accumulent. Pour cela, accrochez-vous à une seule idée.
De toutes les pratiques spirituelles, la plus importante est la méditation.
Méditation veut dire combat.
Dès que vous commencez votre méditation, d’autres pensées envahissent votre scène mentale. Elles se renforcent mutuellement, et essaient d’étouffer l’idée sur laquelle vous vous êtes concentré. Cette idée doit se renforcer graduellement grâce à une pratique régulière. Dès qu’elle sera devenue suffisamment forte, elle livrera bataille aux autres pensées. C’est le combat Royal qui se livre inéluctablement au cours de la méditation.
Pour se débarrasser de la souffrance, il faut obtenir au préalable la paix mentale qui implique l’absence de perturbations provoquées par le tourbillon des pensées. La paix mentale n’est procurée seulement que par la méditation.
Quand la méditation est bien établie, on ne peut plus s’en passer. Elle se déroule automatiquement, même quand on travaille, ou que l’on s’amuse, ou que l’on éprouve du plaisir, et même pendant le sommeil.
La méditation doit avoir tellement imprégné les couches inconscientes de l’être, qu’elle devient naturelle. “
( Bhagavan Ramana Maharshi )
["Mauvaises" pensées n'a ici aucun signification morale. Une "mauvaise" pensée est une pensée qui nous détourne de la vérité, de Qui Nous Sommes vraiment.]
La méditation : paroles d’un maître bouddhiste zen

Voici des extraits de “Soyez Zen” de Joko Beck, moine bouddhiste zen américaine. Les passages ont été choisis en fonction de l’aide et de la compréhension qu’ils apportent pour nous encourager à pratiquer sérieusement la méditation. Ils peuvent s’appliquer aussi bien pour les temps de méditation assis sur notre coussin, que pour la vie quotidienne, car n’oublions pas que le but de la méditation, c’est d’avoir une vision constante de la Vérité.
Ce précieux petit ouvrage est pour le moment épuisé. Si vous le trouvez chez un bouquiniste ou une brocante, achetez-le sans hésiter. C’est un trésor de clarté et de motivation pour qui veut véritablement pratiquer.
Les nombres à la fin de chaque extrait renvoient à la page correspondante. Le texte a été mis à la première personne du singulier afin d’avoir plus d’impact sur le mental. (Zazen désigne la méditation assise zen)
La première chose à faire, c’est d’apprendre à observer mes pensées pour les identifier et les répertorier. Je ne dois pas me contenter de les classer sous une rubrique fourre-tout “pensées” ou “soucis”. Je dois leur donner une étiquette bien définie, la plus précise possible. 61
J’apprends à reconnaître et à identifier mes pensées, afin de prendre mes distances par rapport à elles, de m’en dés-identifier. En faisant zazen, j’apprends à démonter le mécanisme d’élaboration et de solidification des pensées : je perçois le monde extérieur sous la forme de perceptions que je solidifie en m’identifiant à elles, leur conférant une réalité qu’elles n’ont pas. 66
C’est de là que naît la notion d’ego et les émotions qu’elle inspire. L’ego et les émotions agissent comme un filtre déformant sur toutes mes perceptions. Je ne suis plus capable de voir la vie et les gens tels qu’ils sont. Je suis coupée du réel par un écran de pensées que j’ai peur de voir telles qu’elles sont. 67
Me dire “cette personne est impossible!” ce n’est pas du tout la même chose que me dire : “Je suis en train de penser que cette personne est impossible”. J’ai l’habitude de prendre mes pensées pour des réalités, sur lesquelles je base des réactions impulsives. 67
Une fois que je reconnais l’irréalité foncière de mes pensées, je les vois, mais elles ne m’affectent plus. Je suis capable de rester calme et de ne plus me laisser influencer par elles. Tant que je n’aurais pas conquis cet espace de liberté intérieure, j’aurais besoin de continuer à pratiquer zazen régulièrement, tous les jours, pour faire le ménage dans mon corps et dans ma tête. 72
L’accumulation excessive de pensées et d’émotions, qui se solidifient lorsque l’attention ne vient pas les dissoudre, donnent une coloration émotionnelle à tout ce qui m’arrive. 73
Une énergie créatrice se développe chaque fois que l’on sait ramener son mental sur l’instant présent, lentement, mais sûrement, elle s’amplifie à chaque fois que je prends conscience des divagations incessantes auxquelles se livre mon esprit, et elle apaise le corps et le mental. 82
Le zazen me permet d’analyser et de passer au crible, sans relâche et avec un maximum de lucidité, toutes mes caractéristiques physiques et mentales. 91
Je vais découvrir que ce que j’ai coutume d’appeler le “moi” n’est ni plus ni moins que ces schémas récurrents, ces réflexes de désirs. 93
Ces vieux schémas vont se dissoudre peu à peu, grâce à l’éclairage de la conscience, toujours plus alerte et lucide, dévoilant leur irréalité foncière. Au fur et à mesure de leur disparition, apparaît le non-soi -déjà présent- me remplissant de joie et de paix. 93
Seule une pratique décidée est capable de battre en brèche mes vieilles habitudes de vie. 94
Le rôle du zen sert à développer ma capacité à prendre du recul et à observer. 100
Observer, c’est me faire le spectateur attentif du feuilleton qui est en train de se dérouler dans ma tête. 101
L’observation me permet de me rendre compte que les pensées ne décrivent pas la réalité d’une situation mais seulement ma version des faits, l’idée que je m’en fais, ce sont d’irréelles créations mentales. 101-102
En apprenant à observer mes pensées et ressentir sans les esquiver ou les rejeter les effets physiques qu’elles provoquent, je créé de l’espace en moi qui me permet de m’en désengager.102
Je pars d’un espace minimal que je vais m’efforcer de faire grandir de plus en plus. Cette expansion va se poursuivre jusqu’au jour où je retrouverai l’espace illimité de ma nature initiale, avant qu’elle n’ait été tronquée par l’ego. 102
Quel est cet autre “je” qui observe ce qui se passe? Il me montre que je suis autre chose que ma colère, que mon chagrin…autre chose de plus grand, de plus vaste. 103
L’important, c’est de cultiver et de développer cette aptitude à observer ce qui se passe en moi. L’objet de l’observation est toujours secondaire. 103
Il faut une sacré dose de vrai courage pour arriver à une pratique authentique : je dois être prête à assumer la révélation de certains aspects de moi-même que j’aurai préféré ignorer tranquillement. 110
Si je constate en moi quoique ce soit que je juge négatif, au lieu de l’esquiver, de le rejeter, de chercher à le changer, rester le spectateur de cela. Le ressentir bien à fond, le goûter pleinement, l’apprécier. C’est le seul moyen d’acquérir la lucidité. 130
Dans le zazn, on apprend à reconnaître les pensées à forte charge affective qui nous occupent l’esprit la plupart du temps. 141
Ce n’est qu’au-delà des mots que je peux expérimenter ce qui se passe en moi, et pour cela, je dois commencer par observer mes pensées. Observer une pensée qui me trotte dans la tête et bien la regarder jusqu’à ce qu’elle ait perdu suffisamment de sa charge affective, puis, une fois la pensée ainsi décantée, en faire l’expérience en me plongeant au cœur même du sentiment que j’éprouve. Que j’expérimente bien à fond ce que je ressens, que je le vive de façon directe sans formulation verbale. 110
Il me faut une vie de pratique quotidienne pour dissoudre mon attachement à mes pensées chargées d’affectivité qui me séparent de l’Amour vrai. 144
Lorsque je me libère de l’influence des pensées et des opinions, je peux faire plus de place à l’expérience directe et immédiate des données de la perception, ce qui me permet de mieux sentir le vécu réel – l’expérience perçue – de l’autre. 170
Lorsque je réussis à m’émanciper du joug de mes opinions pour me livrer à l’expérience immédiate du perçu, j’agis spontanément dans un sens qui est favorable à tout le monde : à la fois à moi et aux autres. 170
Le zazen permet de constater que je ne connaît qu’une toute petite fraction de moi-même et plus je perçois mieux mon vécu, moins j’ai tendance à agir en fonction de mon conditionnement et de mes souvenirs, et de plus en plus en réponse à ce qu’est la vie, à l’instant même où je l’expérimente. 171
La compassion vient de la compréhension vécue de l’identité fondamentale de tous les êtres. Pour comprendre ce que l’autre ressent, je dois moi-même être capable d’expérimenter de manière directe et immédiate, chaque perception de mon vécu. 172
Pratiquer la méditation, ce n’est pas fuir le monde au profit de quelque rêve éthéré, c’est au contraire entrer en contact beaucoup plus étroit avec les réalités de ma vie. 175
La bonne pratique dédramatise les choses et me ramène dans un espace de simplicité où les choses sont simplement ce qu’elles sont : une forme d’expression spontanée de la vie, incompatible avec la rigidité de l’ego. 189
La pratique a un but très clair : m’aider à ne plus souffrir, me libérer de la souffrance, mais aussi à en libérer tous les autres. 191
Si je ne suis pas capable de me défaire instantanément de l’emprise de la pensée discursive, je n’arriverai jamais à rien, même si je m’acharne pendant des années. 194
(La pensée discursive est la pensée qui raisonne, qui “discute”)
Mon gros et mon seul vrai problème, c’est cette frénésie d’étiquetage du mental sur tout ce qui m’arrive, et surtout, c’est que je prenne pour la réalité les idées que j’ai plaquées sur elle. C’est de là que vient la fausse souffrance. 194
Faire zazen, c’est refuser, avec une inlassable patience, de me laisser dominer par mes pensées et mes préjugés sur moi, sur les autres, et sur les évènements, pour toujours revenir à la seule réalité : celle de l’instant présent. 198
Le zazen est une forme de renoncement actif : je renonce au dérisoire de mes fantasmes et de mes rêves personnels au profit de l’expérience de la réalité présente. 198
En faisant face à l’instant, je me retrouve face à face avec la souffrance, et, si je parviens à me laisser aller à ce sentiment et à l’assumer, je comprendrais, j’aurais une connaissance directe de moi-même. Je n’aurai besoin de personne pour venir m’expliquer la nature de mon être ou le sens de la vie. 198
La pratique est au début comme une pilule amère, elle demande des efforts. Elle est amère pour l’ego qui pressent qu’elle peut être l’instrument de son anéantissement. Mais à mesure que s’étiole le petit “moi”, la pilule devient un bonbon extraordinaire et délicieux : un sentiment de paix profonde et de vrai confiance en soi. C’est le sentiment que je ressens lorsque je sais aimer les autres sans rien attendre en retour. Cette saveur dépend, pour son intensité, de l’état d’avancement du processus de dépérissement de l’ego. 202
Plutôt que de goûter à la perfection de l’instant, je préfère remuer la vase de mes petites idées. 203
Il ne s’agit pas seulement de reconnaître la colère qui m’habite (ou la tristesse), mais aussi les réactions qu’elle suscite en moi, ce qui me permettra de les voir venir. A l’inverse, la moindre de mes réactions peut servir d’amorce à la pratique. 205
Toute pratique spirituelle suscite une forte résistance de ma part, nécessairement. C’est le premier obstacle à surmonter. 205
Le deuxième obstacle est un manque d’honnêteté envers moi-même, car ce n’est pas agréable de m’avouer la noirceur et la frivolité de mes sentiments, de les admettre. Je ne dois rien ignorer de ce qui se passe en moi, et regarder ma réalité en face plutôt que de rêver de mon idéal de perfection. 206
Le troisième obstacle à surmonter est de me libérer de la fascination et du désir des petites expériences d’ouverture qui peuvent survenir parfois dans ma pratique. Ces expériences ne sont pas le but et n’ont de valeur que si je m’en sers pour nourrir mon vécu quotidien. 206
Le quatrième obstacle à surmonter est d’arriver à apprécier l’ampleur de la tâche dans laquelle je me suis engagée. Une tâche certes possible, mais sans fin. 206
Le cinquième obstacle consiste à croire que les discussions et lectures peuvent remplacer une pratique assidue. Plutôt que de refaire le monde, il vaut mieux que je fasse mon propre examen de conscience et de constater mes manquements et mes défaillances. Trop de discussions spirituelles peuvent être un alibi, un rempart contre la pratique. 207
Je n’existe pas en tant qu’entité permanente et c’est la dernière chose que j’ai envie de savoir! 207
Une bonne pratique est celle qui s’occupe de cette peur-là : mon impermanence, mon irréalité. Plus j’ai peur de cela, plus le mental s’active, spécule, analyse, fantasme. 207
Si je pratique patiemment, en m’appliquant à bien sentir mon souffle, tout en observant le va-et-vient de mes pensées, une réelle compréhension du fonctionnement de l’esprit se fera jour en moi. 221
Quand je médite, je dois me contenter d’être telle qu’en moi-même, sans rien trier ni rien jeter, mais d’expérimenter pleinement ce que je ressens. 222
Rien de ce qui me concerne ne devrait m’être étranger. Tout doit être passé au crible de l’attention. 224
Toute facette de “moi” qui échappe à ma vigilance fonctionne indépendamment de moi, sans que je puisse la contrôler. 224
La pratique du zazen sert à me familiariser progressivement avec mes émotions en apprenant à en démonter le mécanisme. 225
En apprenant, dans le zazen, à être parfaitement attentive à l’instant présent, je m’ouvre progressivement à la liberté d’être. 226
La compréhension de l’utilité de la pratique dans la vie quotidienne me rend capable, face aux ennuis et aux problèmes, de les apprécier à leur juste valeur pédagogique. 226
La clé de ma liberté est de reconnaître la vacuité de mes pensées, émotions et actes qui en découlent. 226
Bien que mes pensées et émotions soient vides de toute réalité propre, tant que je ne serai pas capable de le voir, je resterai sous leur emprise. 226
Substituer une pensée positive à une pensée négative est une pratique inférieure, car je ne fais que remplacer un conditionnement par un autre. 227
Dans le zazen, il n’y a pas quelqu’un qui est là, qui écoute et qui regarde : il n’y a qu’une écoute, qu’une observation. 229
En réalité, personne n’est séparé de personne. Il n’y a que la vie qui vit : qui voit, qui entend, qui sent, qui touche, qui pense. 229
C’est le rien qui observe le rien. 229
Quand je sais rester dans cet état d’observation neutre, c’est avec intérêt et affection que j’assiste à la tourmente des émotions. 230
Pour cela, il faut que la pratique ait suffisamment renforcé l’espace impersonnel dans lequel les pensées et les émotions peuvent aller et venir sans que je m’identifie à elles. 230
Dans la perception immédiate, sans ego, l’état naturel surgit spontanément. 230
Abstraction faite des différentes formulations, toutes les grandes religions nous transmettent finalement le même message : “Nous ne faisons qu’un, mon Père et moi”. 231
En réalité, la pratique est très simple à définir : c’est avant tout un changement d’optique. 235
Il ne s’agit pas que je devienne autre chose que ce que je suis,ou que je change de mode de vie. Dès l’instant où je me dis que je devrais être un peu plus comme ci ou un peu moins comme ça, je plaque mon idée des choses sur la réalité. La vraie vie est escamotée, ma pratique n’enclenche pas sur le réel et reste stérile. 235
Je ne vis vraiment ma vie que lorsque j’en fais l’expérience directe, au lieu de la rêver en m’imaginant ceci ou cela. 236
La première phase de la pratique a pour but de me faire prendre conscience que je vis en décalage permanent par rapport à la réalité : plutôt que de la vivre, je préfère m’en faire une représentation abstraite, à coup d’idées et de préjugés. 236
La deuxième phase de la pratique est celle de la prise de conscience progressive des barrières que l’ego dresse entre la vie et moi. 237
La troisième phase de la pratique est celle où l’on commence à voir directement les choses telles qu’elles se passent. 237
La pratique est une course qui va m’amener là où je suis maintenant! 237
La pratique consiste à vivre l’instant, en le laissant tel quel, sans rien y changer. 241
Je suis tellement habituée jà toujours courir quelque part pour faire quelque chose. J’aborde le zen avec cette attitude: Je sais que la nature de Bouddha existe quelque part. Je finirai bien par la dénicher si je mets assez d’energie à la chercher et à faire zazen sur mon petit coussin. 242
Pour reconnaître ma nature de Bouddha, je dois savoir laisser tomber cette inutile frénésie pour m’immerger complètement dans l’instant, dans chacun des instants de ma vie. 242
Je dois savoir à tout instant, quoique je sois en train de faire, rester plantée dans le présent, au coeur de l’ici et maintenant, sans rien faire. 243
Je serai incapable de comprendre cela tant que je tenterai de me servir du zen pour devenir un sage, un être doux et illuminé. 243
Chaque instant de la vie – tel qu’il est avant que je le défigure – est une manifestation fulgurante de la vérité absolue. 243
L’essentiel, c’est que je pratique dans l’instant, instant après instant, avec toute la force d’une authentique motivation. 243
Le mental essayera sans arrêt de prendre la tangente pour partir dans ses rêves. Inutile de paniquer, simplement le ramener dans l’instant. 244
L’ego est une super-structure qui recouvre et assombrit notre vision. Le réflexe de vouloir le détruire,lorsqu’on prend conscience de cela, n’est pas la meilleure façon de procéder. 246
A quoi sert de vouloir détruire ce qui n’existe pas? 246
Il ne s’agit pas de démolir la super-structure de l’ego mais d’en comprendre l’irréalité, de réaliser que ce n’est qu’un cauchemar de nature illusoire. 246
Je n’ai pas besoin de me débarrasser de mes problèmes,il suffit que j’en comprenne la nature. 247
En identifiant mes pensées, je vais commencer à me rendre compte que je n’ai pratiquement jamais vécu les choses telles qu’elles se présentent à moi, car elles me parvenaient filtrées et déformées par la pensée égocentrique. 248
L’examen de la super-structure que j’ai créée est une longue et délicate entreprise, une lourde tâche. 249
J’y suis en fait très attachée et je préfère souvent nettement cette construction irréelle à la réalité de la vie. 249
Cet attachement à mes rêves et désirs est mortel : pendant que je passe mon temps à tirer des plans sur la comète, la vraie vie passe irrévocablement sans que je m’en aperçoive. 249
Si je me laisse prendre au piège des rêves et des désirs, c’est qu’ils sont plus séduisants et confortables que la réalité. Mais les suivre est la mort lente garantie, la mort de l’esprit, l’asphyxie par manque de réel. 250
Tant que je ne me rends pas compte de ce que je fais, je continue d’agir selon mes vieilles habitudes. 251
La pratique du zen vise à me rendre plus lucide sur moi-même, ce qui s’appelle me discipliner, car souvent, je ne suis pas empressée d’ouvrir les yeux. 251
Je dois être le témoin patient et persévérant de ce qui se passe en moi. 263
Pratiquer veut dire regarder ma peur en face. Même mon sentiment de culpabilité est encore une fuite. 263
L’ego commence à mourir le jour où je fais réellement l’expérience de ce que je suis, et c’est de cette mort que jaillit une nouvelle vie. 264
L’observation désengagée me sort de l’irréel, me plongeant ainsi dans le réel. 264
Le jour où je serai capable de cultiver cette lucidité attentive pendant 90% de mon temps, je constaterai qu’il n’y a plus de distance, plus de différence entre la vie et moi. Je SERAI ma vie. 264
Le Bouddha n’est autre que l’instant absolu. (qui n’est ni le passé, ni le présent, ni le futur. 267
Le Bouddha, c’est l’expérience intelligente de l’instant. 268
Le paradis n’est ni perdu, ni à conquérir. Le paradis et au coeur de l’instant, même si je n’en suis pas encore consciente. Le paradis est aussi inévitable que l’instant. je ne peux éviter le paradis, je peux juste éviter de le voir. 269
Ce n’est pas le va-et-vient des pensées qui est gênant,mais l’attachement que j’éprouve à leur égard. De même pour les émotions. Dès que je m’y attache, les ennuis commencent. 329
Le zen, ce n’est pas passer 30 ou 40 minutes par jour, les fesses sur un coussin. C’est un programme de vie que je me donne pour la vie. C’est une pratique de tous les instants, 24h sur 24. 26
La meilleur façon de me dé-saisir de mes pensées, c’est d’apprendre à reconnaître quand elles apparaissent et de constater leur présence. 26
Il faut toujours ramener l’esprit à l’instant présent, encore et encore et toujours, inlassablement, des dizaines de milliers de fois. 27
Il y a deux sortes de pensées : la pensée fonctionnelle et la pensée discursive ( ou spéculative ). 27
La pensée fonctionnelle est utile et nécessaire pour fonctionner au quotidien. Ces pensées utilitaires correspondent à une bonne utilisation du mental. 27
La pensée spéculative, par contre, soit 90% de ce que j’ai dans la tête, n’est qu’un bouillonnement d’opinions, de jugements, de souvenirs, de rêves d’avenir sans aucune base réelle. C’est un brouillard de constructions mentales sans rapport avec le réel. 27
Mes notes de lectures :
N’est-ce pas merveilleux de voir une nonne bouddhiste citer une parole du Christ et exprimer à sa manière le même message que dans Conversations avec Dieu, par exemple, entre beaucoup d’autres…?
Pour les bouddhistes zen, le “non-soi” est l’équivalent du Soi, ou Notre Nature Véritable.
(Je me souviens qu’au début où on m’avais expliquée cette technique d’observation désengagée des pensées, je ne comprenais absolument pas, tellement j’étais identifiée, collée, fondue dans mes pensées. Il n’y avait pas d’espace. J’étais mes pensées, et mes pensées étaient moi. A présent, je sens un petit espace, oh, quelque centimètres tout au plus, mais ça change tout )
Pour moi, la Nature de Bouddha, c’est la même chose que Dieu, le Soi, l’Amour, la Vie, Christ…
Qu’est-ce que la méditation?

QU’EST-CE QUE LA MEDITATION?
Le but essentiel de la méditation est la maîtrise et le dépassement du mental.
Notre attention est sans cesse tournée vers l’extérieur, happée par les sens, hypnotisée par nos pensées agitées et innombrables qui nous embarquent, la plupart du temps, où elles veulent.
Les pensées sont comme un cheval sauvage qui nous emporte au gré de ses peurs et désirs.
Le but de la méditation est donc d’apprivoiser le mental en apprenant à connaître son fonctionnement et à trouver sa source.
La Méditation est l’entraînement de base du Guerrier Pacifique.
Pourquoi? Parce que l’oubli de nous-même vient du fait que nous sommes prisonnier de notre mental, de l’ego qu’il a fabriqué, et de toutes les opinions, souvenirs, croyances, pensées erronées, etc…qui font écran à l’expérience vécue de Notre Véritable Nature. Ce sont autant de voiles qui nous cachent la vérité de l’ÊTRE.
Par commodité de langage, on se dit “chercheurs” de Vérité. Mais en réalité, il n’y a rien à chercher, rien à acquérir, rien à saisir, rien à apprendre. La Vérité est déjà en nous. Nous sommes déjà ce que nous voulons être. Nous avons déjà en nous tout ce à quoi notre cœur aspire : Amour, Paix, Joie, Vérité.
Mais le mental a plaqué devant cette Vérité d’épais voiles de pensées. Donc, il y a “juste” à ôter, détruire, recréer, se rappeler.
Le mot “méditation” a de multiples sens qu’il convient de clarifier :
Dans le dictionnaire, la méditation est définie comme “une réflexion profonde sur un sujet”. Il s’agit donc d’une activité intellectuelle, s’appuyant sur la pensée, utilisant le langage, et des concepts. On va dire, par exemple, qu’on “médite” sur un texte. C’est une approche plutôt occidentale.
En Orient, ce n’est pas une activité intellectuelle, mais plutôt un exercice spirituel qui consiste au contraire à évacuer les pensées, les concepts, les sentiments et les émotions de façon à faire apparaître la nature profonde pure et vide de l’esprit. C’est une pratique, un entraînement mental qui vise au perfectionnement intérieur, au développement de la sagesse et à l’Eveil.(d’après http://www.buddhaline.net)
Il existe en gros deux sortes de méditation, la méditation introspective et la méditation de concentration.
La méditation introspective a pour but la connaissance de soi.
Il s’agit d’observer tout ce qui se passe en nous, comme les pensées et les émotions, sans les juger, les analyser, les rejeter, s’y attacher ou se laisser entraîner par elles, pour développer ainsi la position du Témoin : Nous devenons le spectateur libre et paisible du spectacle des pensées et des émotions.
Plus nous prenons du recul par rapport aux pensées, plus nous les voyons clairement, plus nous comprenons ce qui se passe, et plus elles s’apaisent, se diluent, s’espacent.
Un jour, elles s’arrêtent et il ne reste que le Vide de Ce Que Nous Sommes Vraiment.(Le Vide plein du Tout, comme la page blanche est pleine de mots écrits).
Si on n’est pas préparé, cela peut nous faire peur, faire peur à l’ego, en fait, car cette expérience vécue à fond signe sa mort. On retrouve se type de méditation plutôt dans le bouddhisme et le zen.
La méditation de concentration a pour but de maîtriser et apaiser les pensées en les canalisant.
Cette canalisation se fait par la concentration sur une seule chose : un mantra (mot sacré) une sensation (la respiration) un sens (fixer la flamme d’une bougie), une émotion (l’amour de Dieu)… il y a beaucoup de possibilités. Ce type de méditation développe la concentration, une pensée claire et unique, éliminant ainsi les pensées parasites et les émotions qui en découlent. On retrouve ce type de méditation plutôt dans l’hindouisme.
On peut utiliser la méditation de concentration en introduction avant la méditation introspective, car elle “prépare” le mental, recentre la pensée, apaise le corps.
La prière méditative n’est pas tout à fait de la méditation, mais c’est un outil utile pour se préparer à la méditation. Son but est de nettoyer, apaiser et renouveler le mental.
Il s’agit de lire et de relire un texte pendant un laps de temps donné mais en prenant le temps de s’imprégner, se laisser pénétrer par le sens des mots, au niveau du cœur ( ce n’est pas une réflexion intellectuelle ).
C’est nous qui choisissons le texte, parce qu’il nous touche profondément, qu’il résonne en nous comme étant la Vérité, qu’il élève notre conscience ou apaise notre cœur.
Cette pratique aide à enraciner en nous les compréhensions, les rappels de la Vérité que nous avons pu avoir. Cela encourage aussi le mental à se concentrer sur des paroles lumineuses, et donc à déraciner les concepts erronés ancrés dans notre subconscient.
Si nous avons un mental très agité, au point que les deux sortes de méditations ci-dessus semblent très difficiles, la prière méditative peut aider à préparer le terrain, en diminuant la force des pensées erronées, source d’agitation.
Cependant, se situant toujours au niveau du mental, elle ne peut pas se substituer à la méditation proprement dite, car lire en étant totalement détaché du mental n’est pas donné à tous!
A vous d’utiliser ces trois outils, en fonction de ce que vous observez en vous, et surtout des résultats concrets dans votre vie quotidienne.
Pour plus de détails, reportez-vous à l’article : L’importance de la méditation ( en cours, 8 février 2009 )