
Ramana Maharshi, un Maître éveillé hindou mort en 1950, avait l’habitude de méditer dehors, sous les arbres, parfois avec ses disciples.
Un jour qu’il méditait ainsi en groupe, un serpent venimeux est sorti du fourré près duquel était assis Ramana, en position de méditation.
Horrifiés, les disciples virent le serpent glisser vers leur Maître, escalader sa cuisse, et repartir de l’autre côté pour disparaître dans un buisson. Pas un instant, Ramana ne broncha.
Une fois le serpent parti, les disciples, revenu du choc, demandèrent à Ramana :
« Maître! Qu’avez-vous ressenti lorsque le serpent a glissé sur vous? »
Et Ramana de répondre :
« Une agréable sensation de fraîcheur ».
J’aime beaucoup cette histoire qui m’a été racontée par un instructeur hindou, (et que je retranscris de mémoire) parce que je suis émerveillée par l’attitude du Maître qui est totalement et absolument dans la Réalité, hors de tout filtre mental.
Les disciples, comme la plupart d’entre nous, n’ont pas vu le serpent, mais l’image mentale de cet animal associée avec des pensées de venin, de danger, de morsure mortelle, etc… et cela a provoqué en eux des émotions de peur et d’angoisse.
L’être éveillé, lui, n’a rien projeté, imaginé, supposé…
Il a simplement été le témoin de ce qui se passait et c’est ce qu’il a décrit : l’impression de fraîcheur qu’on ressent lorsqu’on touche un animal à sang froid comme un serpent.
Et en conséquence, il est resté dans une paix absolue, qui a sans doute été ressentie par l’animal.
C’est un exemple de ce qu’est la véritable méditation : une attitude intérieure d’observation aigüe et détachée de ce qui est, qu’on peut développer en position immobile du lotus pendant un certain temps, mais qui en réalité est un état d’être qui peut se prolonger dans la vie quotidienne.
Ce que les hindous appellent « l’état naturel ».
Magnifique histoire !
Elle me fait un bien fou car depuis quelques jours je suis embourbé. Mon affectif déborde et mon mental en profite pour tourner à plein régime. Plus rien n’est vu, tout est associé.
J’en suis à avoir peur d’un serpent qui n’est en réalité qu’un baton de bois. Mais même si mon intellecte comprend que ce n’est qu’un baton, mon coeur est affolé.
Merci encore, je sens qu’elle va beaucoup m’aider.